États-Unis - Cuba - «Le dialogue a commencé»

La Havane — La plus importante délégation de parlementaires américains à Cuba depuis la révolution de 1959 estime avoir ouvert une brèche dans le mur d'hostilité entre les deux pays, mais n'est pas parvenue à rencontrer Raúl Castro, signe des incertitudes que traverse le pays.

«Nous avons demandé une entrevue avec Raúl, mais nous ne l'avons pas obtenue. Nous l'avons interprété comme le fait que le gouvernement cubain n'est pas disposé maintenant à concéder qu'une nouvelle ère s'est ouverte», a déclaré dimanche le chef de la délégation, le représentant républicain de l'Arizona Jeff Flake, au terme de cette visite de trois jours.

Pour autant, l'absence de rencontre avec le frère de Fidel Castro, chargé de l'intérim depuis le 31 juillet, qui avait lui-même tendu la main à Washington lors de son discours du 2 décembre, n'a pas entaché l'optimisme des représentants américains, venus à dix, six démocrates et quatre républicains. «Le dialogue a commencé, et ce, avec la plus importante délégation en un demi-siècle. Cela signifie qu'il y aura plus de visites et plus de dialogue à l'avenir», a estimé Jeff Flake, à l'unisson avec son collègue républicain, William Delahunt, représentant démocrate du Massachusetts.

«C'est précisément le moment d'entamer le dialogue», a renchéri ce dernier, soulignant que le Congrès américain est également en phase de transition, devant passer en janvier sous contrôle démocrate. «C'est une opportunité historique pour amener les relations bilatérales sur un nouveau cap et en finir avec la politique qui échoué depuis 50 ans», a-t-il ajouté, en référence notamment à l'embargo économique américain en vigueur depuis 1962.

Moins lyrique, la partie cubaine s'est contentée d'un communiqué en page intérieure de la presse officielle indiquant que «les échanges se sont déroulés dans un climat de cordialité et de respect».

Dans leur déclaration commune dimanche, les parlementaires ont estimé «unanimement que les États-Unis devraient répondre positivement à la proposition faite par Raúl Castro dans son discours du 2 décembre». Raul Castro avait offert aux États-Unis de «résoudre à la table de négociations le différend prolongé entre les États-Unis et Cuba», qui n'entretiennent plus de relations diplomatiques depuis 1961.

C'était la deuxième fois que Raúl Castro faisait une telle proposition depuis qu'il assume l'intérim en raison de la maladie de son frère.

Les circonstances solennelles de son discours, lors du défilé militaire donné pour les 80 ans de Fidel Castro, absent, avait donné un poids particulier à ses propos.

La délégation s'est entretenue avec plusieurs des principaux responsables cubains, dont le président du Parlement Ricardo Alarcon, le chef de la diplomatie Felipe Perez Roque, le chef des relations internationales du Parti communiste cubain Fernando Ramirez et le président de la Banque centrale Francisco Soberon.

Plateforme de dialogue initial, les thèmes de l'immigration, du trafic de drogue, la recherche des fugitifs par la justice des deux pays et l'impact écologique de la recherche pétrolière ont été mis en avant par les deux parties.

La délégation américaine n'a pas rencontré de dissidents cubains.