John Bolton quitte son poste

Un homme connu pour son franc-parler
Photo: Agence Reuters Un homme connu pour son franc-parler

Washington — John Bolton, représentant permanent des États-Unis aux Nations unies, va démissionner de son poste dans les jours qui viennent, a annoncé hier la Maison-Blanche.

Selon sa porte-parole Dana Perino, le président George W. Bush a accepté avec regret sa démission qui entrera en vigueur à l'issue de la fin de la session du Congrès américain, probablement vers la fin de la semaine.

Son départ intervient quelques semaines après celui de Donald Rumsfeld, secrétaire à la Défense tenu par certains pour responsable de l'enlisement de la politique américaine en Irak.

John Bolton, connu pour son franc-parler et sa tiédeur envers «la machine onusienne» dont les États-Unis restent les premiers pourvoyeurs de fonds, était en butte au Capitole à l'opposition de sénateurs de premier plan qui craignaient qu'il poursuive une politique étrangère unilatérale.

Il avait été nommé à ce poste-clé par George W. Bush en mars 2005. Cette décision avait surpris de nombreux diplomates de l'ONU et inquiété des élus démocrates qui avaient espéré un choix plus consensuel à un moment de tensions entre Washington et les Nations unies.

Parmi les personnalités citées pour remplacer Bolton figure le sous-secrétaire d'État chargé des affaires politiques, Nicholas Burns, et l'ambassadeur des États-Unis en Irak, Zalmay Khalilzad.

En revanche, Jim Leach, un républicain qui n'a pas réussi à se faire réélire représentant de l'Iowa, a déclaré la semaine dernière que son opposition à la guerre en Irak rendait peu probable sa désignation comme successeur de Bolton.

«Le président et moi-même avons choisi M. Bolton parce qu'il sait comment faire avancer les choses. C'est un diplomate qui a la tête froide», avait déclaré à l'époque la secrétaire d'État, Condoleezza Rice.

Bolton, qui avait été sous-secrétaire d'État chargé du contrôle des armements internationaux, est réputé pour ses positions très sévères sur les programmes nucléaires de l'Iran et de la Corée du Nord.

On lui prête aussi ce mot datant de 1994 qui reflète ses convictions intimes sur l'efficacité des Nations unies: «Le bâtiment du secrétariat [de l'ONU] à New York a 38 étages. S'il en perdait 10, cela ne ferait pas grande différence».

De 1989 à 1993, lorsque Bolton était secrétaire d'État adjoint chargé des relations avec l'ONU et avec d'autres instances internationales, il avait irrité des diplomates qui lui avaient reproché de vouloir leur donner des leçons plutôt que de négocier avec eux.

Mais un diplomate de haut rang avait fait observer, sous le sceau de l'anonymat, que la popularité de Bolton auprès des éléments conservateurs de l'administration Bush pourrait constituer un plus.