Iran : Bush aurait ignoré la CIA

Washington — La Maison-Blanche a écarté une note classée de la CIA concluant à l'absence de preuve manifeste sur le développement par l'Iran d'un programme nucléaire militaire secret, écrivait hier le New Yorker.

La CIA a procédé à cette analyse des ambitions nucléaires iraniennes en se fondant sur des renseignements techniques obtenus par satellite et sur d'autres éléments tels que des mesures de radioactivité d'échantillons d'eau, affirme le journaliste Seymour Hersh, spécialiste reconnu des affaires de renseignement, dans cet article.

«La CIA n'a découvert aucune preuve manifeste, à ce jour, d'un programme secret d'armement nucléaire en Iran développé parallèlement aux opérations civiles que l'Iran a déclaré à l'Agence internationale de l'énergie atomique», est-il écrit dans cet article.

«Un responsable actuel des services de renseignement a confirmé l'existence de cette analyse de la CIA et m'a déclaré que la Maison-Blanche y avait été hostile», poursuit Hersh. Les États-Unis accusent l'Iran de chercher à se doter d'un arsenal nucléaire sous le couvert d'un programme civil, ce que dément Téhéran.

La Maison-Blanche n'a pas répliqué directement aux affirmations de Seymour Hersh, mais elle a qualifié son article de «tissu d'erreurs» dans la lignée d'une «série d'articles bourrés d'inexactitudes au sujet de l'administration Bush».

«La Maison-Blanche ne va pas faire honneur au travail d'un journaliste qui insulte nos soldats avec malveillance et dont les articles reposent constamment sur des mensonges éhontés destinés à justifier ses propres opinions radicales», a réagi Dana Perino, porte-parole de George Bush.

L'article de Seymour Hersh évoque aussi la façon dont le vice-président Dick Cheney envisageait le traitement du cas iranien au cas où le Parti républicain perdrait le contrôle du Congrès.

«Le vice-président a dit que si les démocrates gagnaient le 7 novembre cette victoire n'empêcherait pas l'administration d'envisager une option militaire au sujet de l'Iran», écrit Seymour Hersh, citant une source anonyme proche de ces discussions.

Par ailleurs, selon Washington, l'Iran possède probablement un arsenal d'armes biologiques et il est possible que la Corée du Nord en ait développées et que la Syrie ait lancé des recherches dans ce domaine.

John C. Rood, le chef de la délégation américaine à cette sixième conférence sur l'interdiction des armes biologiques (CIAB) qui se tient à Genève, a jugé que ces pays étaient particulièrement inquiétants en raison de leur «soutien au terrorisme».