Reprise des travaux à Washington - L'Irak est au centre des préoccupations du Congrès américain

Le président George W. Bush a rencontré hier les membres de la commission d’étude sur l’Irak.
Photo: Agence Reuters Le président George W. Bush a rencontré hier les membres de la commission d’étude sur l’Irak.

Washington — Le Congrès américain a repris hier ses activités, près d'une semaine après la victoire démocrate aux élections parlementaires, avec un ordre du jour dominé par l'Irak et un changement de stratégie en préparation.

Le nouveau Congrès issu des élections et contrôlé par les démocrates n'entrera en fonction qu'en janvier. En attendant, c'est toujours le Congrès sortant, sous la coupe du parti républicain du président George W. Bush, qui siège.

«En priorité, il y a la question de l'Irak. Cela va occuper une bonne partie de notre temps, à la fois au cours du mois et demi à venir [...] et ensuite en janvier», a déclaré hier le sénateur démocrate Carl Levin, appelé à devenir président de la commission des Forces armées du Sénat.

Contraints à cohabiter, l'administration Bush et les démocrates ont assuré qu'ils travailleraient ensemble dans un esprit de concorde. «Nous sommes en guerre, et il nous faut réussir. C'est une guerre que nous devons gagner. Parlons ensemble à propos de ce qu'il faut faire», a déclaré hier le parlementaire républicain Peter Hoekstra, le président sortant de la commission du Renseignement à la Chambre des représentants, sur la chaîne de télévision Fox News.

Carl Levin a souhaité que démocrates et républicains se mettent d'accord au Congrès sur une déclaration commune sur «la nécessité pour les États-Unis de changer de cap en Irak. Je pense qu'une telle déclaration de la part du Congrès, notamment si elle vient des deux partis, [...] aura un impact sur le président» Bush, a-t-il ajouté.

Mais derrière les bonnes intentions affichées des deux côtés, les divergences de fond demeurent, alors que les démocrates jugent urgent de montrer aux électeurs qu'ils ont été entendus sur l'Irak. «Nous avons besoin d'entamer une phase de redéploiement des forces d'Irak dans les quatre à six mois», avait déclaré dimanche M. Levin. Un avis partagé par le sénateur démocrate Joe Biden, futur président de la commission des Affaires étrangères du Sénat. Mais l'influent sénateur républicain John McCain, qui envisage d'être candidat à l'élection présidentielle de 2008, s'est déclaré contre tout retrait prématuré des troupes. «Je pense qu'un retrait ou que la fixation d'une date de retrait mènerait au chaos dans la région», a-t-il dit.

M. Bush s'est dit ouvert aux idées des démocrates, mais il a répété hier qu'un retrait des quelque 150 000 soldats américains déployés en Irak dépendait de la situation sur le terrain.

En attendant l'entrée en fonction du prochain Congrès, l'administration Bush souhaite que le Congrès sortant légifère sur un accord nucléaire avec l'Inde, l'accession du Vietnam à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) ou encore sur le programme controversé des écoutes sans mandat de la justice.

M. Bush a aussi demandé à nouveau au Sénat de confirmer la nomination de John Bolton comme ambassadeur des États-Unis auprès de l'ONU. Ce geste a été immédiatement considéré par plusieurs démocrates comme le démenti des bonnes intentions exprimées depuis la semaine dernière par M. Bush, alors que le Sénat résiste depuis des mois à la nomination de ce diplomate controversé.

La confirmation par le Sénat dans les prochaines semaines de la nomination de Robert Gates, le secrétaire à la Défense désigné par M. Bush pour remplacer Donald Rumsfeld, devrait en revanche susciter moins de conflits entre démocrates et républicains, les démocrates ayant indiqué qu'ils étaient prêts à le soutenir.