Cinq fillettes sont mortes, cinq autres sont toujours hospitalisées - Le bilan s'alourdit

Des enfants de la communauté amish de Nickel Mines se promènent en calèche et regardent tous ces journalistes et ces policiers qui ont envahi leur ville depuis le tragique attentat survenu dans leur école.
Photo: Agence France-Presse (photo) Des enfants de la communauté amish de Nickel Mines se promènent en calèche et regardent tous ces journalistes et ces policiers qui ont envahi leur ville depuis le tragique attentat survenu dans leur école.

Le bilan s'est encore alourdi hier à Nickel Mines, en Pennsylvanie, où un homme a pris en otages, lundi, les enfants d'une école dans une communauté amish, avant d'en tuer cinq et d'en blesser cinq autres. Charles Roberts a mis fin à ses jours après avoir commis son horrible crime.

Quarryville, États-Unis — Charles Roberts, le tueur de l'école amish de Nickel Mines (Pennsylvanie,), d'abord décrit comme un père de famille sans histoire, était tourmenté par un passé trouble et la mort de sa fille.

«Il était psychologiquement très dérangé et luttait avec des sentiments dont personne ne se doutait», a affirmé hier le porte-parole de la police de Pennsylvanie, Jeffrey Miller, lors d'une conférence de presse dans une église à Quarryville, au coeur du pays amish, près de Nickel Mines.

Lors d'un appel téléphonique lundi, alors qu'il détenait en otages ses petites victimes, il a raconté à sa femme Mary avoir agressé sexuellement des enfants de trois et quatre ans de son entourage familial alors qu'il avait 12 ans, selon la police. À ce stade, l'enquête n'a toutefois pas permis de confirmer ces agressions, a dit Jeffrey Miller, précisant n'avoir pas d'éléments sur leur nature.

Les enquêteurs ont aussi retrouvé une lettre laissée à sa femme dans laquelle le tueur, âgé de 32 ans, se dit hanté par «des rêves à propos de ce qu'il a fait il y a vingt ans» et ajoute que, dans ses rêves, «il voulait refaire ce qu'il avait fait».

Dans cette lettre, Charles Roberts parle aussi de la perte d'un enfant il y a neuf ans, Elise, un événement qui l'a profondément marqué. Le bébé né prématuré en 1997 est mort après 20 minutes de vie. Ce père de trois enfants âgés de deux à sept ans, qui travaillait comme chauffeur-livreur de lait, précise se détester et être en colère contre Dieu à propos de ce décès.

Le carnage provoqué par Charles Roberts a surpris l'ensemble de sa famille, qui n'avait pas soupçonné qu'il puisse commettre un tel acte.

«L'homme qui a fait cela n'est pas l'homme que nous connaissions», a écrit Mary Roberts, sa femme, dans une lettre adressée à la communauté amish.

Cinq fillettes âgées de 7 à 13 ans sont mortes, tuées souvent à bout portant, d'une balle dans la tête, selon la police. Cinq autres sont sérieusement blessées. Le tueur a tiré sur chacune des enfants qui était dans l'école après avoir relâché les élèves garçons.

«Il nous arrive d'avoir affaire à un individu qui vit ainsi une double vie [...] qui nourrit au fond de lui des intentions qui ne transparaissent pas», a commenté Jeffrey Miller, notant que le meurtrier était «très déterminé» lorsqu'il s'est introduit dans l'école.

Lundi matin, ce livreur de lait qui travaillait la nuit avait déposé comme à l'ordinaire ses enfants à un arrêt de bus scolaire.

Outre deux pistolets et de nombreuses munitions, l'homme s'était équipé pour tenir un long siège. Il avait des clous, du scotch résistant, des jumelles, des boules Quies, deux couteaux, un pistolet électrique interdit à la vente et du gel lubrifiant.

Il semble avoir choisi cette école amish, particulièrement ouverte et sans dispositif de sécurité, en raison de ses facilités d'accès. Non amish lui-même, il apparaît avoir retenu cette école en raison de «l'âge type» des élèves qui s'y trouvaient et qu'il voulait manifestement atteindre, selon la police.

Alors qu'il était doté d'une personnalité relativement joviale, il était devenu taciturne au cours des dernières semaines, avant de se montrer à nouveau plus détaché, il y a quelques jours, comme s'il avait pris une décision, a raconté la police.

Selon la femme du pasteur avec qui Mary Roberts a passé une heure de prière le matin même du drame, la jeune femme ne se doutait de rien. La prière s'est achevée à 10h30. À 10h50, Mary Roberts recevait un coup de fil de son mari, qui venait de pénétrer dans la petite école: «Je ne rentrerai pas à la maison», lui a-t-il dit.