Le tir malheureux de Cheney - La Maison-Blanche tente de se justifier

Washington — La Maison-Blanche a tenté hier tant bien que mal de justifier le temps qu'elle avait pris pour annoncer que le vice-président Dick Cheney avait blessé accidentellement un avocat lors d'une partie de chasse au Texas samedi.

Dick Cheney, grand amateur de chasse, a sérieusement blessé un de ses compagnons, Harry Whittington, lors d'une partie de tir à la caille dans un des plus grands ranchs privés du Texas, qui est aussi l'État du président George W. Bush. La victime, âgée de 78 ans et atteinte au visage, au cou et à la poitrine, a été admise en soins intensifs, mais ses jours ne sont pas en danger.

L'accident est survenu samedi vers 17h30, mais ce n'est que le lendemain matin que la propriétaire du ranch, Katharine Armstrong, dont la famille est réputée proche de la majorité républicaine, a avisé le petit journal local, le Corpus Christi Caller Times. La nouvelle a atteint Washington dans l'après-midi. Elle faisait hier la une de journaux critiques ou sarcastiques.

Ce ne sont pas les circonstances de l'accident qui exposaient à une controverse supplémentaire une Maison-Blanche déjà confrontée à de nombreux scandales. L'administration, si prompte à faire connaître les moindres faits et gestes du président et du vice-président, a confié à la propriétaire du ranch, Katharine Armstrong, dont la famille est réputée proche de la majorité Républicaine, le soin de révéler l'accident le lendemain seulement.

«La première priorité était de s'assurer que M. Whittington recevait les soins médicaux dont il avait besoin», a tenté de justifier le porte-parole de la Maison-Blanche Scott McClellan.

Comme les journalistes insistants objectaient que cela n'empêchait pas de rendre la nouvelle publique, M. McClellan s'est retranché derrière la répartition des tâches entre les services: «C'est le bureau de la vice-présidence», et non la présidence, «qui dirigeait les opérations pour faire sortir l'information. Cela impliquait le vice-président, [...] je ne sais pas quoi vous dire d'autre.»

Il a reconnu que lui-même et le président George W. Bush avaient été informés dès samedi.

M. McClellan n'a pas su expliquer pourquoi l'administration avait confié à l'hôte de la partie de chasse, Katharine Armstrong, le soin d'informer le journal local.

Le vice-président «était malheureux, évidemment», de ce qui est arrivé, a indiqué une de ses conseillères, Mary Matalin, citée dans la presse, mais «il n'a violé aucun règlement, il n'a rien fait qu'il ne devait pas faire».

Les activités cynégétiques de M. Cheney lui ont déjà valu plusieurs controverses, comme quand il avait abattu 70 faisans dans un club très select de Pennsylvanie en 2003. Selon certaines informations, les faisans avaient été lâchés exprès pour lui.