Katrina: la Maison-Blanche aurait été informée tôt de la rupture des digues

Washington — La Maison-Blanche aurait été prévenue bien plus tôt qu'elle a bien voulu l'admettre de la rupture des digues et des inondations à La Nouvelle-Orléans, dès le jour du passage du catastrophique cyclone Katrina le 29 août, selon un ancien responsable gouvernemental.

L'ancien chef de l'Agence des situations d'urgence (Fema), Michael Brown, a déclaré hier qu'il avait personnellement parlé avec le secrétaire général adjoint de la Maison-Blanche Joe Hagin dès le soir du lundi 29 août, pour l'informer de la catastrophe en cours, après qu'une inspection par hélicoptère eut révélé la dramatique inondation en cours.

«Je crois que je lui ai dit que notre pire cauchemar était en train de se réaliser, que tout ce qui nous inquiétait à la Fema, à quoi on se préparait depuis dix ans, était en train d'arriver», a déclaré M. Brown lors d'une audition devant la commission sénatoriale enquêtant sur cette catastrophe, qui a fait plus de 1300 morts, dont 1100 à La Nouvelle-Orléans et en Louisiane.

M. Brown a indiqué que le président Bush était peut-être en ligne lors de sa conversation avec M. Hagin. «Mais honnêtement, je ne me rappelle pas», a-t-il dit, parce que, «que je parle directement au président ou pas, je savais qu'en m'adressant à Joe je m'adressais directement au président».

Le récit des événements par M. Brown semble contredire directement la version donnée jusqu'à présent par la présidence. Le lendemain même de l'ouragan, le président George W. Bush s'était déclaré soulagé de voir que La Nouvelle-Orléans avait «esquivé le coup».

M. Brown a confirmé durant son audition hier qu'un employé de la Fema avait survolé La Nouvelle-Orléans à deux reprises le lundi après-midi, à 17h et à 18h, et lui avait décrit des digues rompues — ce qui avait provoqué son premier appel téléphonique à la Maison-Blanche.

Il avait appelé une seconde fois, et en outre envoyé un courriel au secrétaire général de la Maison-Blanche Andrew Card, a-t-il encore affirmé.

Le New York Times d'hier a assuré de son côté que le témoignage de l'employé de la Fema était parvenu au ministère de la Sécurité intérieure le lundi 29 août à 21h27 locales, et à la Maison-Blanche à minuit. Interrogée hier, la Maison-Blanche a dénoncé un «article triste et irresponsable» visant à «réécrire l'histoire», affirmant que la présidence était aux prises avec des informations contradictoires.