Rice contredit Olmert - Les frontières d'Israël devront être négociées

Washington — La secrétaire d'État américaine, Condoleezza Rice, a rappelé hier que les frontières d'Israël seront déterminées par des négociations avec les Palestiniens sur le statut final des deux États, prenant ainsi ses distances avec le premier ministre israélien par intérim Éhoud Olmert.

«Personne ne devrait prédéterminer de façon unilatérale le résultat d'un accord sur le statut final», a noté le chef de la diplomatie américaine au cours d'une courte conférence de presse commune avec son homologue israélienne Tzipi Livni, qu'elle venait de recevoir au département d'État.

Au cours de la rencontre, Mme Livni a défendu avec passion la décision du gouvernement israélien de suspendre le versement des fonds dus aux Palestiniens en cas de gouvernement du Hamas.

«Le président [George W. Bush] a effectivement dit qu'au moment des négociations sur le statut final, il serait nécessaire de tenir compte des nouvelles réalités sur le terrain depuis 1967», a rappelé Mme Rice. «Mais personne ne devrait, en aucune circonstance, le faire de façon préventive ou prédéterminée parce que ce sont des questions à soumettre aux négociations sur le statut final», a-t-elle ajouté.

M. Olmert, évoquant le tracé de la «frontière définitive» d'Israël à l'est, a affirmé mardi que son pays conserverait sous son contrôle en Cisjordanie «la vallée du Jourdain et les grands blocs de colonies» et «Jérusalem réunifié», c'est-à-dire comprenant la partie arabe occupée.

Pour sa part, Mme Livni a invoqué des raisons «juridiques et morales» pour justifier la rétention par Israël des fonds dus à l'Autorité palestinienne en cas de cabinet dirigé par le Hamas, annoncée lundi par M. Olmert.

«Il faut comprendre que cet argent est basé sur des accords signés entre Israël et les Palestiniens», a rappelé la nouvelle ministre des Affaires étrangères israélienne. «Il est inacceptable d'exiger d'Israël qu'il respecte ces accords alors que l'autre partie n'accepte même pas que nous ayons le droit de vivre», s'est-elle exclamée.

Soulignant que la législation israélienne interdit au gouvernement de transférer des fonds à une organisation terroriste, elle a estimé «non seulement légal mais moral» qu'Israël réexamine le transfert de cet argent. «Nous réévaluerons désormais la situation chaque mois», a-t-elle prévenu.

Ces fonds, évalués de 40 à 50 millions, correspondent essentiellement au produit de la TVA et des droits de douane prélevés par Israël sur les produits importés dans les territoires palestiniens et transitant par Israël.