Le budget du Pentagone continue de gonfler

Washington — George Bush a présenté hier un projet de budget 2007 d'un total de 2770 milliards $US qui prévoit une forte augmentation de l'enveloppe allouée à la lutte contre le terrorisme mais rogne sur de nombreux autres postes étant donné l'explosion record du déficit budgétaire attendue pour cette année.

Le document, qui porte sur la période allant du 1er octobre 2006 au 31 septembre 2007, représente une progression de 2,3 % par rapport à cette année.

Le plan avec lequel le président américain espère remettre sa politique intérieure sur les rails après une année de revers politiques met l'accent sur le maintien d'un pays militairement fort, et comprend surtout des initiatives modestes destinées à rassurer les électeurs sur la montée de la concurrence internationale, celle des prix de l'énergie et l'envolée des frais de soins médicaux.

Le budget militaire proposé continue d'augmenter pour 2007 au nom de la lutte contre le terrorisme et des nouveaux défis stratégiques. Le budget du Pentagone pour l'année fiscale 2007 est ainsi en hausse de 6,9 % par rapport à l'année précédente, soit un total de 439,3 milliards. Depuis 2001, le budget militaire américain a gonflé de 48 % au total, a indiqué la Maison-Blanche.

Le Pentagone prévoit notamment un accroissement des effectifs des forces spéciales, plus d'argent pour l'achat de drones (avions sans pilote) et pour le programme de défense anti-missile. Le ministère américain de la Défense demande au total 84,2 milliards pour les programmes d'armement, soit une hausse d'environ 8 %, et 73,2 milliards pour la recherche dans le domaine militaire, soit une augmentation de 2,2%.

Pour 2007, le président George W. Bush réclame 50 milliards pour couvrir les opérations en Irak et en Afghanistan. Mais ce n'est qu'un premier acompte et le gouvernement a d'ores et déjà averti qu'il demanderait dans l'année qui vient de l'argent supplémentaire, estimé à 70 milliards.

Le gouvernement affirme que le déficit devrait atteindre un record historique de 423 milliards, poussé par les dépenses de guerre croissantes pour l'Irak et celles liées aux dommages causés par l'ouragan Katrina, fin août. Mais l'exécutif assure qu'il pourra renverser la tendance au cours des cinq prochaines années.

Le programme Medicare de soins destinés aux personnes âgées ou handicapées fait les frais du recentrage sur la défense, avec une économie de 35,9 milliards sur cinq ans, ce qui devrait provoquer une levée de boucliers de l'opposition démocrate, qui vient juste d'approuver une réduction de 39 milliards dans les dépenses de sécurité sociale, dont 4,7 milliards pour Medicaid, le programme fédéral et régional de soins de santé pour les pauvres.