Le Pentagone va augmenter les effectifs de ses forces spéciales

Un missile Trident.
Photo: Agence Reuters Un missile Trident.

Washington — Le Pentagone va augmenter de 15 % les effectifs de ses forces spéciales et accroître ses moyens de lutte contre les armes de destruction massive, selon un nouveau document stratégique publié hier.

Les États-Unis sont engagés dans une «guerre longue» contre le terrorisme, ce qui requiert d'adapter l'armée américaine aux menaces non conventionnelles, affirme en préambule ce document de stratégie militaire (Quadrennial Defense Review) présenté tous les quatre ans au Congrès.

«Pour renforcer les forces destinées à combattre les réseaux terroristes, le Pentagone augmentera les forces spéciales de 15 % et accroîtra d'un tiers le nombre de bataillons de forces spéciales», affirme le département américain de la Défense dans ce document. Les forces spéciales américaines représentent environ 53 000 soldats à l'heure actuelle.

Le Pentagone va également augmenter de 3700 personnes ses unités de «guerre psychologique et affaires civiles», soit une hausse de 33 % dans ce domaine.

Le Pentagone va aussi «fortement accroître ses moyens et ses forces» pour faire face à la prolifération des armes de destruction massive. Le département de la Défense a l'intention de financer à hauteur de 1,5 milliard de dollars en cinq ans un programme permettant de développer une large gamme de contre-mesures contre les menaces bioterroristes.

Devant «l'incertitude stratégique future», il va également développer une plus large gamme de moyens de dissuasion conventionnelle «tout en maintenant une forte dissuasion nucléaire». Le Pentagone a ainsi décidé de «convertir un petit nombre de missiles balistiques Trident lancés depuis des sous-marins pour les utiliser dans le cadre d'une riposte conventionnelle rapide».

Il va aussi acquérir davantage de drones (avions sans pilote) pour presque doubler ses capacités de surveillance et va «commencer à développer la nouvelle génération de systèmes de frappe de longue portée», anticipant de près de 20 ans ses projets en la matière.

Ce document est considéré par le Pentagone non comme un changement de direction mais comme le prolongement de la stratégie militaire définie par l'administration Bush après les attentats du 11 septembre 2001, dans laquelle elle avait développé le concept d'action préventive.