L'ONU est priée de préparer l'envoi d'une force au Darfour

L’ambassadeur américain John Bolton préside le Conseil de sécurité en février.
Photo: Agence Reuters L’ambassadeur américain John Bolton préside le Conseil de sécurité en février.

New York — Le Conseil de sécurité des Nations unies a appelé hier à l'élaboration de plans pour qu'une force de l'ONU se substitue au Darfour (Soudan) à celle de l'Union africaine (UA).

Dans une déclaration lue par son président, l'ambassadeur américain à l'ONU, John Bolton, le Conseil de sécurité a prié le secrétaire général Kofi Annan d'établir «un plan d'urgence présentant diverses options dans la perspective d'une transition de la Mission de l'Union africaine au Soudan [MUAS] à une opération des Nations unies».

M. Annan avait manifesté publiquement son pessimisme sur la situation au Darfour, considérée comme une des crises humanitaires les plus sérieuses dans le monde à l'heure actuelle.

Ce plan devrait prévoir «une approche intégrée et unifiée» et «une utilisation maximale des ressources existantes de la MUAS et de la Mission des Nations unies au Soudan (MINUS)», ajoute la déclaration.

Il s'était prononcé pour le déploiement par les Nations unies d'une force de réaction rapide afin de prendre le relais de la mission de paix de l'Union africaine au Darfour, qui va s'achever fin mars.

Mercredi, le numéro deux de la diplomatie américaine, Robert Zoellick, avait indiqué que les États-Unis espéraient boucler un plan sur la création d'une force de l'ONU au Darfour au cours de leur présidence du Conseil de sécurité, en février.

En trois ans, le conflit au Darfour a fait, selon les estimations, entre 180 000 et 300 000 morts et déplacé plus de deux millions de personnes. En 2004, l'Union africaine avait déployé quelque 7000 hommes au Darfour, mais l'action de cette force, baptisée AMIS (MUAS en français), a été entravée par le manque de ressources.

Les États-Unis, qui accusent le gouvernement soudanais de soutenir ses milices arabes alliées djandjaouids dans la répression des ethnies noires rebelles du Darfour, appuient l'envoi d'une force plus large.

La déclaration du Conseil de sécurité souligne l'importance d'un soutien continu à la MUAS jusqu'à son remplacement par une force onusienne et d'une consultation étroite entre l'UA et l'ONU pendant toute la phase préparatoire de la future force au Darfour.

Selon M. Bolton, la déclaration donne au secrétariat de l'ONU l'autorité de demander aux États membres des contributions en troupes à la future force de l'ONU au Darfour.

À la question de savoir si les États-Unis seraient eux-mêmes susceptibles de fournir des troupes, M. Bolton a répondu: «Il est prématuré d'échafauder des hypothèses là-dessus.»