États-Unis - Samuel Alito entre à la Cour suprême

Washington — Le juge Samuel Alito est devenu hier l'un des neuf membres de la Cour suprême américaine, où il pourrait imprimer un coup de barre à droite sur des dossiers aussi divers que le droit à l'avortement et la détention de terroristes présumés à Guantánamo.

Le magistrat, choisi il y a quatre mois par le président George W. Bush, a prêté serment devant ses pairs en mi-journée au cours d'une cérémonie privée, peu après avoir été confirmé à son poste par 58 voix contre 42 au Sénat. Il a été appuyé par l'ensemble des républicains mais par seulement quatre démocrates.

Le président Bush a salué le vote du Sénat, qu'il a suivi sur une chaîne de télévision en compagnie de Samuel Alito. «La nomination à la Cour suprême de ce fils d'immigré italien est la réalisation du rêve américain pour cet homme bon et sa famille», a-t-il dit dans un communiqué.

Considéré par la presse américaine comme l'un des juges les plus qualifiés jamais nommés à la Cour suprême, Samuel Alito, issu d'un milieu modeste, ancien de l'administration républicaine de Ronald Reagan, avait réussi durant ses auditions à désarmer ses critiques en affirmant qu'il entendait garder «l'esprit ouvert» sur tous les dossiers.

Il a fait face à une opposition d'autant plus décidée qu'il remplace la juge Sandra Day O'Connor, une conservatrice modérée très attachée aux droits des femmes qui incarnait jusqu'à présent le centre idéologique de la cour.

L'un des dossiers les plus controversés à revenir régulièrement devant cette institution clé est celui de l'avortement, légalisé en 1973 par l'arrêt rendu dans le procès «Roe contre Wade».

Hier, les militants de gauche comme de droite donnaient une analyse identique des conséquences de la nomination de M. Alito: «L'avortement est le grand perdant» du vote du Sénat. «Les jours de Roe sont comptés», a assuré l'organisation pro-vie Operation Rescue. M. Alito sera également très attendu sur des dossiers qui touchent à l'étendue des prérogatives du pouvoir exécutif.

Durant ses auditions, il s'était borné à déclarer que «nul n'est au-dessus des lois, pas même le président», à des sénateurs qui l'interrogeaient sur la légalité des écoutes extrajudiciaires autorisées par le président Bush depuis les attentats du 11 septembre 2001.