Hong Kong réduit encore son nombre de sièges élus

John Lee (au centre) a annoncé mardi que les sièges directement élus aux conseils passeraient de plus de 90% à 20%.
Photo: Peter Parks Agence France-Presse John Lee (au centre) a annoncé mardi que les sièges directement élus aux conseils passeraient de plus de 90% à 20%.

Hong Kong a considérablement réduit mardi le nombre de sièges élus dans ses conseils de district locaux, sapant ainsi le dernier ensemble d’institutions démocratiques de la ville.

Ce changement fait partie d’une répression généralisée par Pékin des libertés politiques à Hong Kong à la suite de manifestations massives en faveur de la démocratie en 2019.

Les dernières élections pour les conseils de district de Hong Kong ont eu lieu au plus fort de ces manifestations et elles se sont traduites par une victoire écrasante du bloc prodémocratie de la ville.

 

Mais le dirigeant de la ville, John Lee, a annoncé mardi que les sièges directement élus aux conseils passeraient de plus de 90 % à 20 %, pour s’assurer qu’ils sont contrôlés par les fidèles de Pékin.

Il a déclaré que les réformes « répareraient les torts » et que les conseils élus en 2019 étaient « des plateformes de violence protestataire et d’indépendance de Hong Kong ».

« De nombreux membres du conseil ont refusé de reconnaître la République populaire de Chine comme État souverain de Hong Kong », a déclaré Lee lors d’une conférence de presse.

Il a annoncé le changement quelques semaines après que le haut responsable chinois chargé des affaires de Hong Kong a déclaré que les conseils de district ne pouvaient plus tomber entre les mains des « forces de déstabilisation antichinoises ».

Le pourcentage de sièges élus est maintenant inférieur à ce qu’il était lors de la création des conseils de district, en 1982, sous la domination coloniale britannique, ce qui annule des décennies d’efforts de démocratisation.

Quatre-vingts pour cent de leurs sièges seront dorénavant occupés par des membres nommés par le gouvernement.

 

Les candidats aux élections devront obtenir des nominations auprès de trois comités nommés par le gouvernement et seront contrôlés en fonction de leur loyauté politique et des risques pour la sécurité nationale.

Une telle vérification est déjà en place pour les candidats aux sièges à la législature de Hong Kong, qui a subi une refonte après les manifestations pour s’assurer que seuls les « patriotes » pouvaient se présenter.

Pékin a imposé une vaste loi sur la sécurité nationale à Hong Kong pour écraser la dissidence après les manifestations prodémocratie qui ont rassemblé, il y a quatre ans, des millions de personnes dans les rues de Hong Kong, parfois émaillées de violences.

Depuis lors, plus de 300 membres de conseils de district élus démocratiquement ont été démis de leurs fonctions ou ont démissionné, certains ayant fui la ville.

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