La présidente taïwanaise abandonne la tête de son parti après une défaite aux élections locales

Tsai Ing-wen a voté samedi, à Taipei. Elle avait qualifié ce scrutin de test pour démontrer «la résilience de Taïwan et sa détermination à défendre la liberté et la démocratie», face aux menaces de Pékin.
Sam Yeh Agence France-Presse Tsai Ing-wen a voté samedi, à Taipei. Elle avait qualifié ce scrutin de test pour démontrer «la résilience de Taïwan et sa détermination à défendre la liberté et la démocratie», face aux menaces de Pékin.

La présidente taïwanaise Tsai Ing-wen a annoncé samedi qu’elle abandonnait ses fonctions à la tête du parti au pouvoir, après une défaite aux élections locales.

Les Taïwanais étaient notamment appelés aux urnes pour les élections municipales et provinciales, un scrutin que Tsai Ing-wen avait qualifié de test pour démontrer « la résilience de Taïwan et sa détermination à défendre la liberté et la démocratie », face aux menaces de Pékin.

Mais le PDP a perdu quatre des six principales villes de l’île de 23 millions d’habitants, dont la capitale Taipei.

« Les résultats des élections ne sont pas ceux que nous attendions […]. J’en endosse toute la responsabilité et je démissionne immédiatement de la présidence du Parti démocratique progressiste (PDP) », a-t-elle déclaré à des journalistes.

« Mais nous n’avons pas le temps de nous attrister, nous devons nous relever […] pour faire face aux défis de la situation internationale actuelle et de l’avenir », a-t-elle ajouté.

Tsai Ing-wen restera toutefois présidente de l’île, fonction qu’elle occupe depuis 2016.

Les électeurs étaient également amenés à se prononcer par référendum sur un abaissement de 20 à 18 ans de l’âge légal pour voter, qui a été rejeté.

Enjeux locaux

 

Après avoir tourné la page de décennies de loi martiale en 1987, Taïwan est devenue l’une des démocraties les plus dynamiques et progressistes d’Asie. De quoi inquiéter la Chine voisine, qui considère l’île comme faisant partie de son territoire et qui a juré d’en reprendre le contrôle, par la force si nécessaire.

Depuis l’arrivée de la présidente Tsai Ing-wen au pouvoir, dont le parti considère Taïwan comme une nation souveraine de facto, Pékin a coupé les communications officielles avec l’île, intensifié ses exercices militaires, durci les pressions économiques et arraché à Taïwan sept de ses alliés diplomatiques.

Les tensions entre Taipei et Pékin ont atteint leur niveau le plus élevé en août, après la visite de Nancy Pelosi — figure politique américaine — à laquelle Pékin a rétorqué par de gigantesques manoeuvres militaires.

Mais la menace d’un conflit n’a pas pesé sur les préoccupations lors de ce scrutin, où des thématiques locales ont principalement été abordées.

L’opposition est dominée par le parti du Kuomintang plus favorable à un rapprochement avec la Chine, qui a promis samedi de « travailler dur pour maintenir la paix dans la région » et de se préparer à remporter la prochaine présidentielle, en 2024.

« Les relations avec la Chine n’étaient pas vraiment à l’ordre du jour des élections cette année, mais elles le seront en 2024 », a jugé Sung Wen-ti, un enseignant de l’Australian National University, spécialiste de Taïwan, interrogé par l’AFP.

Tsai Ing-wen avait déjà démissionné de la présidence du PDP en 2018, après une défaite lors des élections locales, avant de remporter une large victoire à la présidentielle de 2020.

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