Rare manifestation au Tibet contre le confinement découlant de la politique «zéro COVID» de Pékin

Des résidents de Lhassa, capitale du Tibet, subissent des tests de dépistage de la COVID-19, le 9 août 2022.
CNS Agence France-Presse Des résidents de Lhassa, capitale du Tibet, subissent des tests de dépistage de la COVID-19, le 9 août 2022.

Des centaines de personnes en Chine sont descendues dans les rues de Lhassa, la capitale régionale du Tibet, pour protester contre les restrictions liées à la COVID-19, une manifestation rare dans cette région hautement surveillée par le pouvoir.

Depuis bientôt trois mois, Lhassa (ouest) est mise sous cloche, en raison de la politique dite « zéro COVID » qui contraint en Chine des millions d’habitants à des confinements dès la découverte d’une poignée de cas positifs.

Trois ans après l’apparition des premiers cas de COVID-19 à Wuhan (centre), une partie de la population en Chine est désormais exaspérée par ces restrictions.

Des vidéos partagées sur Douyin, version chinoise de TikTok, montrent des centaines de personnes défiler mercredi dans les rues de Lhassa.

 

Parmi les manifestants se trouvent des travailleurs migrants qui réclament l’autorisation de quitter le Tibet pour retourner dans leurs provinces respectives.

Ces images, dont l’AFP a pu vérifier de manière indépendante le lieu de tournage, ont depuis été supprimées de l’Internet chinois.

Dans l’une des vidéos, des centaines de personnes se trouvent dans une rue, bloquée par la police et des agents de santé en combinaison intégrale.

« Rentrez chez vous et n’encombrez pas la zone », s’époumone un fonctionnaire dans un mégaphone.

D’autres images, tournées sous un autre angle, montrent des fourgons de police et des officiers équipés de boucliers antiémeutes à proximité.

Ces vidéos ont été tournées à côté d’un marché proche du Potala, le palais du dalaï-lama, le chef spirituel tibétain qui vit en exil en Inde depuis 1959.

« Je veux rentrer chez moi », scande une femme dans l’une des vidéos.

D’autres images montrent une confrontation de nuit entre une foule et la police dans ce qui semble être un quartier résidentiel de Lhassa.

« Les gens sont enfermés depuis trop longtemps, la pression psychologique est trop forte à supporter » de surcroît pour des personnes « sans aucun revenu », s’indigne un homme en mandarin.

La Chine a enregistré vendredi sur son territoire plus de 1000 nouveaux cas positifs à la COVID-19.

Contraint par la guerre civile à laisser fonctionner le Tibet dans un cadre autonome entre 1912 et 1950, Pékin a récupéré le contrôle effectif de ce territoire en 1951. Mais beaucoup de Tibétains se plaignent de restrictions à la liberté de culte et de discriminations économiques.

Cette région a notamment été secouée en 2008 par des violences interethniques.

 

Le pouvoir y a depuis drastiquement renforcé la sécurité.

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