La Chine condamne le boycottage diplomatique

Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Wang Wenbin
Photo: Greg Baker Agence France-Presse Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Wang Wenbin

La Chine a averti jeudi que les quatre pays occidentaux qui ont choisi de boycotter diplomatiquement les Jeux olympiques d’hiver de Pékin en paieraient « le prix », au moment où le secrétaire général des Nations unies a indiqué qu’il se rendrait à la cérémonie d’ouverture.

Le Royaume-Uni et le Canada ont rejoint mercredi les États-Unis et l’Australie dans le « boycottage diplomatique » des Jeux de Pékin, nouveau revers pour le régime chinois accusé par les Occidentaux de fouler aux pieds les droits de la personne, notamment dans sa région à majorité musulmane du Xinjiang (nord-ouest). Ces pays enverront bien des athlètes aux Jeux mais pas de responsables officiels.

« Le recours des États-Unis, de l’Australie, du Royaume-Uni et du Canada à la scène des Jeux olympiques à des fins de manipulation politique est impopulaire et revient à s’isoler soi-même », a estimé devant la presse le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Wang Wenbin.

« Ils paieront inévitablement le prix de ce mauvais coup », a-t-il déclaré, en réponse à la question visant à savoir si Pékin envisageait des mesures de représailles spécifiques.

Le porte-parole a affirmé que son pays n’avait pas adressé d’invitations aux pays en question. « Que leurs représentants officiels viennent ou non, les Jeux d’hiver de Pékin seront une réussite », a-t-il assuré.

Les JO sont prévus du 4 au 20 février, mais du fait des restrictions imposées par la Chine à l’entrée des étrangers au nom de la lutte contre la COVID-19, peu de responsables politiques mondiaux devraient faire le déplacement à Pékin.

À deux exceptions notables : le président russe Vladimir Poutine, qui a accepté l’invitation de son homologue chinois Xi Jinping, et le chef de l’ONU, le Portugais Antonio Guterres. « Le secrétaire général a reçu une invitation du Comité international olympique (CIO) à assister à l’ouverture des Jeux d’hiver à Pékin et l’a acceptée », a indiqué jeudi son porte-parole, Stéphane Dujarric.

De son côté, la France devrait envoyer sa ministre déléguée aux Sports, Roxana Maracineanu, a déclaré jeudi le ministre de l’Éducation et des Sports, Jean-Michel Blanquer.

Mais la position de Paris sur le volet diplomatique du boycottage n’est toutefois pas encore définitivement tranchée, a corrigé par la suite l’entourage du ministre. « Il faut être clair, soit on dit “on fait un boycott complet, on n’envoie pas d’athlètes”, soit on dit “on essaie de réengager les choses et d’avoir une œuvre, une action utile comme toujours à l’international” », a défendu le président Emmanuel Macron, jugeant « toute petite et symbolique » la mesure d’un boycottage diplomatique.

Paris avait dans un premier temps indiqué qu’il « se coordonnerait » avec les autres pays de l’Union européenne sur l’attitude à adopter.

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