Ottawa condamne la peine infligée à Spavor

Présent mercredi devant un centre de détention de Dandong, l’ambassadeur du Canada en Chine, Dominic Barton, a déclaré avoir pu rencontrer Michael Spavor après le verdict.
Photo: Ng Han Guan Associated Press Présent mercredi devant un centre de détention de Dandong, l’ambassadeur du Canada en Chine, Dominic Barton, a déclaré avoir pu rencontrer Michael Spavor après le verdict.

Le Canada va continuer de se battre pour obtenir la libération de Michael Spavor et des autres Canadiens détenus de manière arbitraire en Chine, a promis le ministre des Affaires étrangères, Marc Garneau, après qu’un tribunal chinois eut condamné M. Spavor à 11 ans de prison pour espionnage.

« Michael Spavor a été reconnu coupable d’espionnage pour le compte de l’étranger et de divulgation illégale de secrets d’État », a fait savoir mercredi dans un communiqué un tribunal de Dandong où le Canadien avait été jugé en mars 2021. « Il a été condamné à 11 ans d’emprisonnement, à la confiscation de ses biens personnels à hauteur de 50 000 yuans [9600 $CA] et à l’expulsion » à une date non précisée.

Son procès s’était déroulé à huis clos, ce qui est habituel en Chine dans les affaires impliquant des secrets d’État.

S’exprimant lors d’une conférence de presse mercredi, M. Garneau a dit que le gouvernement condamne « avec la plus grande fermeté » le verdict en Chine contre l’homme d’affaires canadien, qui fait suite à un procès à portes closes en mars dernier. « Cette décision a été prise à la suite d’un processus manquant d’équité et de transparence, en plus d’un procès qui ne répondait pas aux normes minimales exigées par le droit international », a déploré le ministre.

Il a ajouté que le Canada travaille de concert avec ses alliés, dont les États-Unis, pour obtenir la libération de M. Spavor et de Michael Kovrig. Il n’a cependant pas voulu s’avancer sur le détail des négociations. MM. Spavor et Kovrig sont détenus en Chine depuis l’arrestation de la vice-présidente de Huawei, Meng Wanzhou, en décembre 2018 à l’aéroport de Vancouver à la demande du gouvernement américain.

Pression diplomatique

Le verdict de mercredi est la dernière indication de la façon dont Pékin intensifie la pression sur le Canada avant que la justice rende une décision concernant Meng Wanzhou, qui pourrait être extradée aux États-Unis pour faire face à des accusations criminelles.

La Cour suprême de la Colombie-Britannique s’apprêtait mercredi à entendre les arguments des avocats du gouvernement canadien en ce sens.

Quand on lui a demandé si le Canada négociait la libération de Mme Meng en échange des deux Michael, l’ambassadeur canadien en Chine, Dominic Barton, a déclaré ceci : « Il y a des efforts et des discussions intenses. Je ne veux pas entrer dans les détails. Mais ça se poursuit. »

À la suite du verdict à l’endroit de M. Spavor, le premier ministre Trudeau a diffusé un communiqué pour dire que la condamnation et la peine imposée par la Chine sont absolument inacceptables et injustes.

Solidarité internationale

La condamnation de M. Spavor a également suscité de vives réactions de la part des États-Unis ainsi que de 24 autres gouvernements.

Des diplomates des États-Unis, du Japon, du Royaume-Uni, d’Australie, d’Allemagne et d’autres pays européens, en plus de l’Union européenne, étaient présents à l’ambassade canadienne à Pékin afin de manifester leur soutien.

Le secrétaire d’État américain, Antony Blinken, a appelé la Chine à libérer, « immédiatement et sans conditions », MM. Spavor et Kovrig. « Cette pratique de détenir de façon arbitraire les individus pour faire pression sur des gouvernements étrangers est complètement inacceptable. […] Les gens ne devraient jamais être utilisés comme monnaie d’échange », a-t-il indiqué dans un communiqué.

Le président du Conseil européen, Charles Michel, a écrit sur Twitter que « les détentions arbitraires n’ont pas leur place dans les relations internationales. L’UE est totalement solidaire avec le Canada dans sa condamnation de la sentence de M. Spavor ».

Avec Associated Press et l’Agence France-Presse

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