L’Inde en première ligne face aux changements climatiques

Les températures moyennes en Inde ont augmenté d’environ 0,7 °C entre le début du XXe siècle et 2018. Elles augmenteront encore de 4,4 °C d’ici 2100, selon un récent rapport
Photo: Associated Press Les températures moyennes en Inde ont augmenté d’environ 0,7 °C entre le début du XXe siècle et 2018. Elles augmenteront encore de 4,4 °C d’ici 2100, selon un récent rapport

L’Inde cumule les catastrophes naturelles. Depuis le début de l’année, ce territoire de 1,3 milliard d’habitants a connu deux cyclones, le détachement d’un glacier dans l’Himalaya, une canicule étouffante et des inondations meurtrières.

En février, une crue soudaine et féroce a ravagé une vallée reculée de l’Himalaya indien, emportant des maisons, une centrale électrique et environ 200 personnes. Seuls 60 corps ont été retrouvés. Selon des experts, elle a été causée par le détachement d’un énorme morceau de glacier — long comme 15 terrains de soccer et large comme 5 — en haute montagne.

Cette catastrophe est « manifestement un effet du changement climatique et, en soi, un révélateur de notre avenir », a affirmé à l’AFP un glaciologue qui a enquêté sur le site.

Dans l’Himalaya indien, environ 10 000 glaciers reculent à un rythme de 30 à 60 mètres par décennie avec la hausse des températures mondiales. En 2013, une crue éclair dans cette région avait fait 6000 morts.

Les cyclones ne sont pas rares dans le nord de l’océan Indien, mais les scientifiques affirment qu’ils deviennent plus fréquents et plus graves avec la hausse de la température de l’eau. En mai, le cyclone Tauktae a fait 155 victimes dans l’ouest de l’Inde, dont des dizaines de personnes travaillant sur des plateformes pétrolières au large de Bombay. C’est la tempête la plus violente qui se soit abattue dans cette région depuis plusieurs décennies.

À peine une semaine plus tard, Yaas, avec des vents équivalents à ceux d’un cyclone de catégorie 2 accompagné de vagues atteignant la hauteur d’un bus à impériale, a fait au moins 9 morts et obligé plus de 1,5 million de personnes à évacuer leurs foyers dans l’est du pays. Des centaines de milliers de personnes ont perdu leur maison. « J’ai perdu ma maison, tout », a témoigné un survivant.

De plus en plus chaud

Les températures moyennes en Inde ont augmenté d’environ 0,7 degré Celsius entre le début du XXe siècle et 2018. Elles augmenteront encore de 4,4 degrés d’ici 2100, selon un récent rapport du gouvernement.

Début juillet, des dizaines de millions de personnes suffoquaient sous les températures caniculaires qui frappaient le nord de l’Inde. Le département météorologique indien a enregistré une vague de chaleur presque chaque année au cours de la dernière décennie, les températures atteignant parfois 50 degrés Celsius. Ces vagues de chaleur ont fait plus de 17 000 victimes en Inde depuis 1971, a rapporté le journal Hindustan Times, citant d’éminents météorologues.

Actuellement, seuls 5 % des foyers sont équipés de climatiseurs contre 90 % aux États-Unis et 60 % en Chine. Mais le marché devrait exploser dans les années à venir, faisant grimper la consommation d’énergie dans ce pays qui est déjà le troisième plus grand émetteur de dioxyde de carbone au monde.

Des moussons qui s’intensifient

Les changements climatiques intensifient les phénomènes de mousson en Inde, selon un rapport d’avril de l’Institut de recherche sur l’impact du changement climatique de Potsdam (PIK). Ce rapport met en garde sur les possibles conséquences de cette évolution sur l’alimentation, l’agriculture et l’économie dans un pays rassemblant le cinquième de la population mondiale.

Mais la mousson, de juin à septembre, aggrave aussi la menace venue du ciel. En 2019, la foudre a tué près de 3000 personnes. Début juillet, 76 personnes sont mortes foudroyées, dont une douzaine en faisant des égoportraits lors d’un orage dans un ancien fort du Rajasthan.

Les scientifiques disent qu’avec les changements climatiques, les éclairs pourraient devenir plus fréquents.Selon une étude récente, le nombre d’éclairs a augmenté de 34 % au cours de l’année écoulée. Et ils ne tuent pas que des humains. En mai, la mort de 18 éléphants découverts dans l’Assam a été attribuée à la foudre.

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