159 personnes meurent dans les moussons en Inde

Dans certaines parties de la ville de Chiplun, toujours au sud de Bombay, le niveau de l’eau a atteint près de six mètres jeudi, après 24 heures de pluies ininterrompues qui ont submergé routes et habitations.
Photo: Narinder Nanu Agence France-Presse Dans certaines parties de la ville de Chiplun, toujours au sud de Bombay, le niveau de l’eau a atteint près de six mètres jeudi, après 24 heures de pluies ininterrompues qui ont submergé routes et habitations.

Le bilan des inondations et des glissements de terrain provoqués par les fortes pluies de mousson en Inde s’est alourdi à 159 morts dimanche, selon les autorités. Les sauveteurs recherchent toujours des dizaines de disparus.

La côte ouest du pays est aux prises avec des précipitations torrentielles depuis jeudi, et les services météorologiques indiens ont mis en garde contre de nouvelles averses dans les prochains jours.

Dans le seul État du Maharashtra, 149 personnes ont été tuées, dont plus de 40 dans un glissement de terrain qui a frappé jeudi le village de Taliye, au sud de Mumbai, la principale place financière du pays. « De nombreuses personnes ont été emportées par les eaux alors qu’elles tentaient de s’enfuir » lorsque le glissement de terrain s’est produit, a déclaré à l’AFP un villageois, Jayram Mahaske, dont des proches sont restés bloqués.

Un autre habitant, Govind Malusare, a confié que le corps de son neveu avait été retrouvé dans les décombres de la maison familiale qui a été emportée. Mais sa mère, son frère et sa belle-sœur manquent toujours à l’appel.

De nombreuses personnes ont été emportées par les eaux alors qu’elles tentaient de s’enfuir

Record de précipitations

Le glissement de terrain a abattu des dizaines de maisons en quelques minutes, ne laissant debout que deux structures en béton et coupant l’alimentation en électricité, ont indiqué des habitants. Les sauveteurs fouillaient la boue et les débris à la recherche d’une centaine de personnes toujours portées disparues.

Dans le district de Satara, affecté par des inondations et des glissements de terrain, 28 corps ont été découverts, ce qui porte à 41 le bilan des morts.

« La pluie, les inondations, l’eau, ce n’est pas nouveau pour la population, mais cette fois, ce qui est arrivé était inimaginable, les gens n’ont même pas pu sauver leurs biens en raison de la montée rapide des eaux », a déclaré à la presse le chef du gouvernement de l’État du Maharashtra, Uddhav Thackeray, après avoir visité dimanche la ville de Chiplun, au sud de Mumbai.

Dans certaines parties de la ville de Chiplun, le niveau de l’eau a atteint près de six mètres jeudi, après 24 heures de pluies ininterrompues qui ont submergé routes et habitations. Huit patients d’un hôpital local accueillant des malades de la COVID-19 seraient morts à la suite d’un arrêt des respirateurs dû à une coupure de courant. Quelque 230 000 personnes ont été évacuées dans l’ensemble de l’État du Maharashtra.

Dans l’État voisin de Goa, une femme s’est noyée, a déclaré le gouvernement de l’État à l’agence Press Trust of India, dans ce que le ministre en chef Pramod Sawant a qualifié de « pires inondations depuis 1982 ».

Ajit Roy, un responsable du nord de Goa, a indiqué que la décrue s’était amorcée dans cette zone et que les personnes évacuées avaient commencé à revenir. Dans les plaines côtières du Maharashtra et de Goa, le niveau des eaux est resté cependant élevé après que les rivières sont sorties de leur lit. Des habitants terrifiés sont montés sur les toits et les étages supérieurs pour échapper aux eaux.

Plus au sud, dans l’État du Karnataka, le bilan est passé de trois à neuf morts dans la nuit, et quatre autres personnes sont portées disparues, selon les autorités.

Cette fois, ce qui est arrivé était inimaginable

Par ailleurs, neuf personnes ont été tuées et trois grièvement blessées dimanche par des chutes de rochers sur leur véhicule dans le district montagneux de Kinnaur, dans l’État de l’Himachal Pradesh. L’éboulement n’a pas été causé par les pluies de mousson, selon les autorités.

Inondations et glissements de terrain sont fréquents en Inde pendant la saison de la mousson (de juin à septembre), qui voit souvent des bâtiments anciens s’effondrer après des jours de pluie ininterrompue. Certains experts estiment que sous l’effet du réchauffement climatique, ces précipitations sont de plus en plus intenses.

Le climatologue Roxy Mathew Koll, qui travaille pour l’Institut indien de météorologie tropicale, a expliqué qu’une conséquence des bouleversements climatiques était le réchauffement de la mer d’Arabie. La hausse des températures de l’eau fait que l’air, plus chaud, retient un taux plus élevé d’humidité, ce qui a tendance à générer des précipitations plus abondantes.

Il a précisé qu’une station météo à Mahabaleshwar, au sud de Mumbai, avait enregistré vendredi 594 millimètres de précipitation, un record depuis le début des relevés il y a un siècle.

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