Pyongyang corrige une «mauvaise interprétation» de Washington

Kim Yo-jong, la sœur du leader nord-coréen Kim Jong-un, lors d’une émission télévisée le 17 juin.
Photo: Lee Jin-man Associated Press Kim Yo-jong, la sœur du leader nord-coréen Kim Jong-un, lors d’une émission télévisée le 17 juin.

L’influente sœur du leader nord-coréen Kim Jong-un, Kim Yo-jong, a estimé mardi que les États-Unis ont une « mauvaise interprétation » du dialogue qu’ils pourraient entretenir avec Pyongyang, selon des médias d’État.

Ces propos interviennent quelques heures après une déclaration de Jake Sullivan, le conseiller de la Maison-Blanche pour la sécurité nationale, qui a jugé « intéressante » une déclaration du dirigeant nord-coréen.

Le 18 juin, Kim Jong-un a déclaré que son pays devait se préparer autant « au dialogue qu’à la confrontation » avec Washington.

Le gouvernement américain, dont Pyongyang dénonce la « politique hostile », n’a récemment pas exclu de rencontrer un jour le leader nord-coréen tout en soulignant que cela ne se fera pas sans engagements clairs de ce dernier.

Les négociations entre les États-Unis et la Corée du Nord restent à l’arrêt depuis l’échec du second sommet entre Donald Trump et Kim Jong-un à Hanoï en 2019.

Après avoir jugé à ABC News les propos de M. Kim intéressants, M. Sullivan a cependant ajouté que le gouvernement américain « attendra de voir s’ils sont suivis d’une communication plus directe sur une éventuelle voie à suivre ». Cependant, Kim Yo-jong — une des conseillères les plus proches de son frère — a semblé écarter mardi toute perspective de reprise rapide des négociations.

« Déception »

Les États-Unis cherchent à « se réconforter », a-t-elle déclaré dans un communiqué publié par l’agence officielle nord-coréenne KCNA. Leurs attentes vont « dans le mauvais sens », a-t-elle ajouté, ce qui pourrait les « plonger dans une plus grande déception ».

Les commentaires de la sœur du dirigeant interviennent alors que le représentant spécial des États-Unis pour la Corée du Nord, Sung Kim, effectue une visite de cinq jours à Séoul. Lundi, il a proposé de rencontrer des représentants de Pyongyang « n’importe où, n’importe quand, sans conditions préalables ».

Quelques heures avant la publication de ce communiqué, Sung Kim avait rencontré le ministre sud-coréen chargé des relations entre les deux Corées et réitéré la volonté américaine de dialoguer avec le Nord. Les propos de Kim Yo-jong « ne nous font pas changer d’avis », « nous sommes toujours prêts à engager des négociations » avec la Corée du Nord « pour faire face au défi de son programme nucléaire », a dit mardi à Washington le porte-parole de la diplomatie américaine, Ned Price. Il a dit continuer « d’espérer » que Pyongyang « répondra de manière positive » à l’offre de rencontre formulée par l’émissaire américain, assurant que la politique du gouvernement Biden n’était pas « vouée à une quelconque hostilité ».

 

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