La Chine fustige l’enquête du renseignement américain sur l'origine de la COVID-19

Les premiers cas de COVID-19 ont été détectés fin 2019 dans la métropole de Wuhan, en Chine, avant que le virus se répande à la surface du globe et emporte près de 3,5 millions de personnes.
Photo: Hector Retamal Agence France-Presse Les premiers cas de COVID-19 ont été détectés fin 2019 dans la métropole de Wuhan, en Chine, avant que le virus se répande à la surface du globe et emporte près de 3,5 millions de personnes.

La Chine a souligné jeudi « l’histoire sombre » des services de renseignement américain, à qui le président Joe Biden a demandé la veille de lui fournir d’ici 90 jours un rapport pour expliquer l’origine de la COVID-19.

« Les États-Unis tentent d’utiliser les services de renseignement pour mener une soi-disant enquête […], mais l’histoire sombre du renseignement américain est connue depuis longtemps par le monde entier », a souligné devant la presse jeudi un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Zhao Lijian.

Les premiers cas de COVID-19 ont été détectés fin 2019 dans la métropole de Wuhan, en Chine, avant que le virus se répande à la surface du globe et emporte près de 3,5 millions de personnes. Plus d’une fois depuis le début de la pandémie, la théorie d’un accident de laboratoire a été balayée du revers de la main par la plupart des experts.

Les États-Unis conti-nueront à travailler avec leurs partenaires à travers le monde pour faire pression sur la Chine afin qu’elle participe à une enquête interna-tionale complète

Mais au cours des dernières semaines, elle est revenue en force dans le débat américain. Des scientifiques appellent même à ne pas exclure cette possibilité.

Joe Biden a ainsi demandé aux services de renseignement américain de « redoubler d’effort » pour expliquer l’origine du virus. Leurs travaux, qui se concentrent sur deux hypothèses (origine animale ou fuite d’un laboratoire), n’ont pas permis à ce jour d’aboutir à « une conclusion définitive », a rappelé le président.

« Les États-Unis continueront à travailler avec leurs partenaires à travers le monde pour faire pression sur la Chine afin qu’elle participe à une enquête internationale complète, transparente, et basée sur des preuves », a ajouté M. Biden, déplorant l’attitude de Pékin dans ce dossier.

La Chine n’a pas tardé à condamner l’initiative. « L’équipe d’enquête mixte de l’OMS [Organisation mondiale de la santé, envoyée à Wuhan en janvier] a jugé “extrêmement improbable” la théorie d’une fuite de laboratoire, a fait valoir Zhao Lijian. Il s’agit d’une conclusion officielle, formelle et scientifique. »

Facebook fait volte-face

L’hypothèse d’un coronavirus conçu en laboratoire est soudainement devenue recevable sur Facebook. « Nous ne retirerons désormais plus de nos plateformes les allégations sur le fait que la COVID-19 a été créée par l’humain ou a été fabriquée », a expliqué le réseau social mercredi, précisant avoir pris cette décision après avoir consulté des « experts de la santé » et constaté « les enquêtes en cours sur les origines de la COVID-19 ». Ce rétropédalage n’est pas passé inaperçu. « De la difficulté d’arbitrer la vérité sur un réseau social, exemple numéro 11 735 : si vous aviez écrit il y a quelques jours que la COVID a fuité d’un labo, vous pouviez être viré de Facebook. Aujourd’hui ? Aucun problème », a ironisé Mathew Ingram, un spécialiste des médias numériques pour la Columbia Journalism Review.



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