L’Inde a dépassé les 20 millions de cas

Les autorités fédérales et des États s’escriment à chercher de l’oxygène pour approvisionner les hôpitaux. L’industrie est mise à contribution, des convois ferroviaires spéciaux, «Oxygen Express», assurent la distribution.
Photo: Rajesh Kumar Singh Associated Press Les autorités fédérales et des États s’escriment à chercher de l’oxygène pour approvisionner les hôpitaux. L’industrie est mise à contribution, des convois ferroviaires spéciaux, «Oxygen Express», assurent la distribution.

L’Inde a dépassé mardi les 20 millions de cas de COVID-19 depuis le début de la pandémie, selon les données officielles, alors que la maladie continue de faire des ravages dans le pays aux hôpitaux saturés.

Au cours des dernières 24 heures, l’Inde a recensé 357 229 nouvelles contaminations, portant le total à 20,3 millions, selon le ministère de la Santé. Les décès ont augmenté de 3449 pour atteindre 222 408 au total. De nombreux experts estiment cependant que le nombre réel est beaucoup plus élevé.

Le pays de 1,3 milliard d’habitants, frappé par une deuxième vague d’une grande virulence, a recensé huit millions de nouvelles contaminations depuis la fin mars.

Le système de santé, en manque de moyens, est confronté à de graves pénuries. Les hôpitaux sont submergés et à court de réserves d’oxygène, de médicaments, de lits, malgré l’afflux d’aide internationale ces derniers jours.

Le nombre quotidien de nouvelles contaminations a toutefois diminué ces derniers jours, après avoir atteint un pic de 402 000 cas vendredi, pour tomber peu à peu à 392 500 samedi, à 368 000 dimanche et à moins de 360 000 au cours des dernières 24 heures.

« Si l’on analyse les cas et les décès quotidiens, il y a un signal très précoce de mouvement dans la bonne direction », a déclaré lundi à la presse Lav Aggarwal, haut fonctionnaire du ministère de la Santé.

« Mais ce sont des signaux très précoces. Il est nécessaire de les analyser plus en profondeur et de déployer des efforts pour les surveiller de manière continue », a-t-il ajouté.

Réserves épuisées

Selon des informations de presse, 24 personnes sont mortes faute d’oxygène dans un hôpital de l’État méridional du Karnataka, près de Bangalore, dimanche dans la nuit.

L’administration du district a toutefois démenti qu’une pénurie ait été à l’origine de ces décès.

Samedi, douze personnes sont décédées dans un hôpital qui avait épuisé ses réserves d’oxygène dans la capitale New Delhi, selon la presse locale.

Nombre d’hôpitaux lancent des appels pour être approvisionnés d’urgence. Une clinique pour enfants à Delhi s’est ainsi alarmée d’une pénurie d’oxygène menaçant la vie de quelque 25 à 30 nouveau-nés et enfants, toujours selon la presse locale.

« L’oxygène est fondamental pour un hôpital et l’approvisionnement régulier n’est pas assuré. Nous luttons constamment contre le pire », a déclaré le Dr Dinesh, directeur de l’hôpital pour enfants Madhukar Rainbow, cité par le quotidien Indian Express.

Modi sous pression

Les autorités fédérales et des États s’escriment à chercher de l’oxygène pour approvisionner les hôpitaux. L’industrie est mise à contribution, des convois ferroviaires spéciaux, « Oxygen Express », assurent la distribution.

Lundi, le premier ministre indien s’est entretenu avec la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, pour discuter notamment de « la situation actuelle de la COVID-19 en Inde et dans l’UE ».

La pression s’était accentuée dimanche sur Narendra Modi, après sa défaite dans une élection clé dans l’État du Bengale occidental, avec la décision de la Cour suprême ordonnant à son gouvernement de pourvoir Delhi en réserves d’oxygène avant minuit (18 h 30 GMT).

Dans la soirée, la Confédération de l’industrie indienne (CII) a appelé le gouvernement à agir et « réduire l’activité économique ».

« Les mesures de riposte les plus élevées doivent être prises pour briser la chaîne de contagion et aussi utiliser cette période pour renforcer rapidement les capacités », a estimé le chef de la CII, Uday Kotak, dans un communiqué.

Le gouvernement a jusqu’à présent résisté à décréter un confinement à l’échelle nationale.

Delhi et l’État du Maharashtra, où se trouve Bombay, la capitale économique de l’Inde, sont toutefois confinés et de nombreux États connaissent des restrictions d’activité.

L’aide étrangère a continué d’arriver. Lundi, l’ambassadeur indien au Qatar, Deepak Mittal, a annoncé l’acheminement de nouvelles aides médicales étrangères sur trois vols de la compagnie Qatar Airways.

Ces vols à destination de Bangalore, Delhi et Bombay « transportent des fournitures médicales essentielles, notamment des générateurs d’oxygène, des condensateurs d’oxygène, des concentrateurs », a précisé le diplomate.

Dimanche, des usines à oxygène sont arrivées de France et le Royaume-Uni a annoncé son intention d’envoyer mille respirateurs supplémentaires en Inde, en plus des concentrateurs d’oxygène et des respirateurs déjà livrés.

Le même jour, l’Inde a ouvert la vaccination à l’ensemble de sa population adulte, soit quelque 600 millions de personnes. Mais des États accusent aussi des pénuries de vaccins.

Jusqu’à présent, environ 150 millions de vaccins ont été administrés au total, soit à 11,5 % de la population, et à peine 25 millions d’habitants ont reçu leurs deux injections.

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