L’aide internationale redonne du souffle à l’Inde

Les autorités fédérales et des États s’escriment à chercher de l’oxygène pour approvisionner les hôpitaux. L’industrie est mise à contribution, des convois ferroviaires spéciaux, « Oxygen Express », assurent la distribution.
Photo: Rajesh Kumar Singh Associated Press Les autorités fédérales et des États s’escriment à chercher de l’oxygène pour approvisionner les hôpitaux. L’industrie est mise à contribution, des convois ferroviaires spéciaux, « Oxygen Express », assurent la distribution.

L’Inde, déplorant encore près de 400 000 nouveaux cas de COVID-19 et un nombre record de morts en 24 heures, continuait à recevoir de l’aide médicale en provenance de l’étranger dimanche, destinée à soulager les hôpitaux saturés de malades en manque d’oxygène.

Un avion-cargo affrété par la France a atterri à New Delhi dimanche matin avec 28 tonnes d’équipement médical à son bord, dont huit générateurs d’oxygène de grande capacité, destinés à produire de l’oxygène médical à partir de l’air ambiant pour des hôpitaux. Ces équipements peuvent également remplir des bouteilles avec un débit de 20 000 litres par heure, chaque centrale pouvant alimenter en continu un hôpital indien de 250 lits sans interruption pendant une dizaine d’années, ont indiqué les autorités françaises. Ces générateurs d’oxygène devaient être livrés dimanche à huit hôpitaux indiens, six à Delhi, un dans l’État de l’Haryana (nord) et un dans l’État de Telangana (centre).

« Un appareil comme celui-ci, qui produit 24 h sur 24 en interne, va être d’une grande aide pour accroître l’alimentation [en oxygène] », a déclaré Sanjay Gupta, le chef de l’hôpital BLK-Max à Delhi, où l’un de ces générateurs a été livré.

« L’Inde nous a aidés l’année dernière dans les hôpitaux français, quand les besoins en médicaments étaient énormes. Le peuple français s’en souvient », a déclaré dimanche Emmanuel Lenain, l’ambassadeur de France en Inde.

Selon les derniers chiffres du ministère de la Santé samedi, New Delhi a recensé 27 000 nouvelles contaminations et 375 décès en 24 heures. Les hôpitaux de la capitale indienne sont submergés et connaissent des pénuries de lits, de médicaments et d’oxygène aux conséquences souvent fatales, de nombreuses personnes mourant devant les établissements sans pouvoir être soignées.

Le pays qui compte 1,3 milliard d’habitants a rapporté dimanche près de 400 000 nouvelles contaminations lors des dernières 24 heures. On y déplorait aussi 3689 décès supplémentaires dimanche, soit la plus forte augmentation jamais enregistrée en une journée, portant le bilan total à plus de 215 000 morts. Des chiffres très élevés que de nombreux experts estiment cependant largement sous-évalués.

« Aide qui sauvera des vies »

Après l’aide américaine, de plus de 400 bouteilles d’oxygène et d’un million de tests de dépistage, arrivée vendredi, l’Inde a réceptionné samedi 120 respirateurs en provenance d’Allemagne. « Nous apportons une aide qui […] sauvera des vies », a déclaré l’ambassadeur d’Allemagne en Inde, Walter J. Lindner. Le Royaume-Uni a annoncé pour sa part qu’il allait envoyer 1000 respirateurs supplémentaires dans son ancienne colonie.

Les autorités de New Delhi ont annoncé samedi le prolongement du confinement pour une semaine supplémentaire dans l’immense cité de 20 millions d’habitants. La plupart de ses cimetières sont désormais pleins et nombre de crématoriums fonctionnent en continu, l’afflux de décès obligeant parfois à incinérer des corps sur des terrains vagues ou des stationnements. Dimanche, l’État oriental d’Odisha a, à son tour, décrété un confinement pour ralentir la propagation de l’épidémie.

Lenteurs dans la vaccination

Samedi, l’Inde a ouvert la vaccination à l’ensemble de sa population adulte, soit quelque 600 millions de personnes. La vaccination « est une nécessité maintenant. Il y a tant de personnes qui ont reçu des tests positifs », a déclaré à l’AFP Megha Srivastava, une scientifique de 35 ans, devant un centre de vaccination de Delhi. Plusieurs États, dont le Maharashtra et New Delhi — parmi les plus touchés —, ont toutefois prévenu être à court de vaccins.

Le déploiement élargi de cette campagne se heurte de surcroît à des querelles administratives, une confusion sur les prix et des problèmes techniques sur la plateforme numérique de vaccination du gouvernement. Jusqu’à présent, environ 150 millions de vaccins ont été administrés au total, soit à 11,5 % de la population seulement, et à peine 25 millions d’habitants ont reçu leurs deux injections.

Le parti nationaliste hindou du premier ministre indien, Narendra Modi, a d’ailleurs subi un revers électoral dimanche au Bengale occidental, État clé de 90 millions d’habitants, dans des élections régionales très disputées. Les résultats ont montré que son adversaire, le Trinamool Congress (TMC) de Mamata Banerjee, était en route vers un troisième mandat. Des milliers de partisans du TMC sont descendus dans la rue, malgré l’interdiction des célébrations en raison de la flambée de l’épidémie de COVID-19. Les rassemblements des partis en campagne ont été partiellement rendus responsables de l’explosion des cas de contamination au coronavirus en Inde.

À voir en vidéo: