L’Inde franchit le seuil des 200 000 morts de la COVID-19

En Inde, ce sont 201 187 personnes qui ont succombé à l’épidémie, dont 3293 au cours des 24 dernières heures, selon le ministère de la Santé. Sur la photo, le corps d’une victime est mis sous terre, mercredi, à New Delhi.
Photo: Sajjad Hussain Agence France-Presse En Inde, ce sont 201 187 personnes qui ont succombé à l’épidémie, dont 3293 au cours des 24 dernières heures, selon le ministère de la Santé. Sur la photo, le corps d’une victime est mis sous terre, mercredi, à New Delhi.

Le nombre de morts du coronavirus a dépassé mercredi les 200 000 en Inde, lequel pays est débordé par une flambée épidémique et où l’aide internationale a commencé à affluer, alors qu’au moins 17 pays connaissent des infections au variant dit « indien ».

Ce sont 201 187 personnes qui ont succombé à l’épidémie, dont 3293 au cours des 24 dernières heures, selon le ministère de la Santé. « Nous accueillons de plus en plus de malades chaque jour », déclare Ishant Bindra, 28 ans, bénévole de l’ONG Khalsa Help International à Ghaziabad, dans l’État indien d’Uttar Pradesh.

« Nous n’avons pas trouvé de place dans les hôpitaux de Delhi », explique à l’AFP Himanshu Verma alors que sa mère, Poonam, 58 ans, est reliée à un concentrateur d’oxygène de cette ONG.

Quatrième pays le plus endeuillé derrière les États-Unis, le Brésil et le Mexique, l’Inde a connu mardi un total impressionnant d’infections (350 000) en une journée.

 

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Relativement à cette situation, le président russe, Vladimir Poutine, a promis mercredi à l’Inde une « aide humanitaire d’urgence », de plus de 22 tonnes de matériel.

La Suisse va également envoyer son aide à l’Inde, d’un montant de 1 million de francs suisses (un peu plus de 1 million de dollars). Elle comprend la livraison notamment de plusieurs centaines de concentrateurs d’oxygène ainsi que de respirateurs.

Le patron du laboratoire BioNTech, Ugur Sahin, s’est dit mercredi « confiant » en l’efficacité de son vaccin contre le variant « indien » de la COVID-19 qui suscite l’inquiétude.

Le B.1.617, appelé « variant indien », a été détecté dans plus de 1200 séquences de génome dans « au moins 17 pays », a annoncé l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Les fermetures de liaisons aériennes avec l’Inde se multiplient. L’Australie a décidé de suspendre les vols en provenance d’Inde tandis que le Canada, les Émirats arabes unis, le Royaume-Uni et la Nouvelle-Zélande ont déjà suspendu ou restreint leurs vols.

La Belgique a interdit l’entrée sur son territoire, de manière directe ou indirecte, aux personnes ayant séjourné au cours des 14 derniers jours en Inde, mais aussi au Brésil et en Afrique du Sud, où sévissent d’autres variants.

« Sortie progressive » en France

La présence du variant « indien » inquiète en Europe au moment où le Vieux Continent respire un peu mieux au bout de longs mois de restrictions. Mercredi, c’est au tour des Pays-Bas de lever le couvre-feu et d’autoriser la réouverture des terrasses.

En France, le président Emmanuel Macron présentera vendredi les « perspectives » de « sortie progressive » des mesures de restrictions imposées, a annoncé mercredi le premier ministre Jean Castex.

Il a confirmé que les restrictions de circulation seront levées dès le 3 mai et que le couvre-feu devrait prendre fin le 2 juin.

Avec environ 30 000 cas positifs par jour en moyenne et près de 6000 malades de la COVID-19 toujours hospitalisés dans les services de réanimation, les indicateurs sanitaires restent dégradés en France.

Les Américains vaccinés, eux, n’ont plus besoin de porter de masque lorsqu’ils sont à l’extérieur, sauf au milieu de foules. Leur président Joe Biden a salué mardi soir les « progrès extraordinaires » des États-Unis.

Au Mexique aussi, l’épidémie recule. En 14 semaines, le nombre de décès hebdomadaires est passé de 9549 à 1621, tandis que le nombre d’hospitalisations a chuté à 6000 après avoir culminé en janvier à 27 000.

D’autres pays latino-américains, comme le Brésil, le Chili, la Colombie, l’Équateur ou l’Argentine demeurent confrontés à une vague de contaminations.

Au Brésil, une commission d’enquête parlementaire sur la gestion de la crise du coronavirus par le gouvernement Bolsonaro a commencé ses travaux mardi.

Dans la banlieue de Buenos Aires, l’épidémie fait exploser la pauvreté. Daisy Garcia, 26 ans, servait chaque jour des repas à quelque 80 personnes dans une soupe populaire de La Matanza, commune pauvre de la capitale argentine. Elle distribue aujourd’hui près de mille repas quotidiens.

« Nous n’aurions jamais imaginé en arriver là », dit la jeune femme, alors que la pauvreté touche désormais 42 % de la population.

La pandémie a fait plus de 3,13 millions de morts dans le monde depuis fin 2019, selon un bilan établi mercredi par l’AFP à partir de source officielle.

 

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