COVID-19: record de contaminations en Inde, les JO à nouveau en question

Des gens font la queue pour se faire tester pour la COVID-19 à Allahabad, en Inde, le 15 avril 2021.
Photo: Sanjay Kanojia Agence France-Presse Des gens font la queue pour se faire tester pour la COVID-19 à Allahabad, en Inde, le 15 avril 2021.

L’Inde a enregistré jeudi un nouveau record de contaminations à la COVID-19, risquant de devenir un prochain épicentre de la pandémie qui menace encore la tenue des Jeux olympiques déjà reportés d’un an en 2020.

Avec plus de 200 000 nouveaux cas de Covid-19 enregistrés au cours des dernières 24 heures, le pays de 1,3 milliard d’habitants, passé lundi au deuxième rang des pays le plus touchés dans le monde en nombre de cas devant le Brésil, voit le nombre de contaminations quotidiennes doublé depuis début avril.

Les médecins indiens s’inquiètent en particulier du nombre de patients âgés de moins de 45 ans, souffrant de symptômes plus graves que l’an dernier.

« Nous voyons également des enfants de moins de 12 et 15 ans admis avec des symptômes. L’année dernière, pratiquement aucun enfant ne présentait de symptômes », déclare à l’AFP Khusrav Bajan, consultant à l’hôpital national P.D. Hinduja de Bombay.

Cette flambée intervient alors que le pays peine à soutenir le rythme de la vaccination en raison d’une pénurie de doses : seules 114 millions d’injections ont été administrées jusqu’à présent.

Au Japon, où la vaccination progresse à un rythme d’escargot (1,1 million d’habitants ont reçu une dose sur 126 millions), le numéro deux du principal parti au pouvoir a agité la possibilité d’une annulation des Jeux olympiques de Tokyo dont la cérémonie d’ouverture est censée se tenir dans 99 jours.

« Nous devrons annuler (les Jeux, NDLR) sans hésiter si ce n’est plus possible » de les organiser, a déclaré Toshihiro Nikai, secrétaire général du Parti libéral-démocrate (PLD, conservateur). « Si les infections se répandent à cause des Jeux olympiques, je ne sais pas à quoi ils servent ».

Même si d’autres officiels ont immédiatement minimisé ces propos, l’opinion publique japonaise se montre de plus en plus hostile à l’événement, inquiète d’une quatrième vague de contaminations.

La France passe les 100 000 morts

La France, en pleine troisième vague, a enregistré jeudi 300 nouveaux décès, passant le cap des 100 000 morts, ce qui fait douter d’une réouverture du pays à partir de la mi-mai.

Avec plus de 5900 malades du Covid-19 soignés dans des services de réanimation, au plus haut depuis le printemps 2020, « la troisième vague n’est pas derrière nous », a prévenu le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal.

Et au moment où les premières 200 000 doses du vaccin Johnson & Johnson viennent juste d’être livrées, l’annonce du fabricant américain de retarder son déploiement en Europe n’arrange pas les affaires de Paris.

Le laboratoire qui devait livrer 55 millions de doses à l’Union européenne au deuxième trimestre a annoncé mardi qu’il allait « retarder le déploiement » de son vaccin unidose après le signalement de caillots sanguins qui ont poussé les États-Unis à suspendre son utilisation.

Le régulateur européen, l’Agence européenne des médicaments (EMA), étudie ces cas et prévoit de s’exprimer la semaine prochaine.

En attendant, la Belgique a décidé de reporter l’administration du vaccin qui devait commencer vendredi et l’Afrique du Sud l’a suspendue. La France le réservera aux personnes âgées de plus de 55 ans.

La plupart des pays de l’Union européenne avaient déjà restreint l’usage du vaccin AstraZeneca en raison de possibles thromboses et le Danemark a annoncé mercredi y renoncer définitivement.

Les deux sérums qui posent actuellement problème utilisent la même technologie recourant à un adénovirus comme vecteur.

Le laboratoire Pfizer-BioNTech a en revanche annoncé l’accélération de ses livraisons à l’UE. Quelque 50 millions de doses du duo américano-allemand initialement prévues au dernier trimestre seront livrées dès avril.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a aussi annoncé l’ouverture des négociations formelles avec le tandem pour commander 1,8 milliard de doses supplémentaires de vaccins dits de « 2e génération », destinés à lutter contre les variants actuels et futurs du coronavirus.

Le Cambodge « au bord de la mort »

La vaccination reste la principale arme contre la COVID-19 qui a fait au moins 2 974 651 morts dans le monde selon un bilan de l’AFP à partir de sources officielles jeudi.

Mais de fortes inégalités subsistent à travers le globe, poussant des lauréats du prix Nobel et d’anciens chefs d’État ou de gouvernement à appeler mercredi le président américain Joe Biden à se rallier à une proposition de levée temporaire des brevets sur les vaccins.

Une telle suspension est « une étape vitale et nécessaire pour mettre fin à la pandémie », estiment les quelque 170 signataires de la lettre ouverte, dont l’ancien président français François Hollande, l’ex-chef du gouvernement britannique Gordon Brown ou l’ancienne présidente du Liberia Ellen Johnson Sirleaf.

Si grâce à la vaccination de sa population, le Royaume-Uni a pu rouvrir cette semaine en Angleterre ses terrasses de cafés et commerces non essentiels, le Cambodge est « au bord de la mort », a mis en garde jeudi le premier ministre Hun Sen, exhortant la population à respecter le confinement instauré dans la capitale Phnom Penh.

Au Brésil, deuxième pays le plus endeuillé au monde derrière les États-Unis avec plus de 360 000 morts, Médecins sans Frontières (MSF) a dénoncé jeudi une « catastrophe immunitaire » en raison de la gestion chaotique de la crise de la COVID-19 par les autorités.

« L’absence de volonté politique pour agir de manière adaptée face à cette pandémie est responsable de la mort de milliers de Brésiliens », a affirmé l’ONG.

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