L’OMS promet de la transparence sur son enquête en Chine

À la fin de leur mission en Chine, les experts de l’OMS avaient exposé les différentes hypothèses de travail sur la manière dont le virus qui cause la COVID-19 est passé d’un animal à l’homme, lors d’un point de presse à Wuhan.
Photo: Hector Retamal Agence France-Presse À la fin de leur mission en Chine, les experts de l’OMS avaient exposé les différentes hypothèses de travail sur la manière dont le virus qui cause la COVID-19 est passé d’un animal à l’homme, lors d’un point de presse à Wuhan.

Le patron de l’OMS a promis vendredi que le rapport des experts dépêchés en Chine pour enquêter sur les origines de la pandémie se fera en « toute transparence », face aux suspicions qui continuent de planer sur la mission.

« Ce que je peux vous garantir, c’est que tout ce qui s’est passé pendant cette mission sera présenté de manière transparente », a promis le directeur général, Tedros Adhanom Ghebreyesus, lors d’une conférence de presse vendredi à Genève.

Le rapport final et un résumé seront publiés en même temps la semaine du 15 mars.

Initialement, l’OMS avait promis un rapport préliminaire avant le document final. Ce projet avait finalement été abandonné fin février, mais sans véritable explication.

À Washington, la porte-parole de la Maison-Blanche, Jen Psaki, s’en est réjouie, peu après la conférence de presse de l’OMS. Le président Biden « y voit un signe positif, parce qu’ils ne publient pas un rapport sur lequel nous avons exprimé nos doutes quant à l’origine des données et au manque de transparence », ce qui aurait envoyé « un message négatif, un message inexact sur les origines de la pandémie ».

Le directeur général a souligné qu’il n’avait pas encore vu le rapport.

L’engagement du Dr Tedros à dire « exactement ce qui s’est passé, quelles ont été les avancées et quels ont été les défis et où on va aller à partir de là », survient au lendemain d’une lettre ouverte de 24 chercheurs internationaux, dénonçant des « limitations structurelles » imposées aux experts de l’OMS au moment de leur visite en Chine et réclamé une enquête indépendante.

Temps long

Les doutes sur la capacité des experts — choisis par l’OMS — à faire leur travail correctement face à un gouvernement chinois qui réagit de manière épidermique à tout ce qui pourrait être perçu comme une critique de sa gestion de la crise planent sur la mission quasiment depuis le départ.

Le docteur Michael Ryan, chef du programme de réponse d’urgence de l’OMS, a défendu le travail de l’équipe en rappelant que la mission était réclamée par l’ensemble des 194 membres de l’organisation. Il a demandé de la patience. Dès le départ « il était admis que cela prendra du temps et potentiellement de multiples missions pour comprendre parfaitement » ce qui s’est passé.

« C’est très compliqué et cela prend parfois des décennies pour comprendre les origines d’une maladie », citant par exemple Ebola, dont bien des aspects restent mystérieux.

Les auteurs de la lettre ouverte estiment que l’hypothèse que le virus ait pu s’échapper d’un laboratoire de Wuhan semble avoir été abandonnée trop vite.

À la fin de leur mission en Chine, les experts de l’OMS avaient exposé les différentes hypothèses de travail sur la manière dont le virus qui cause la COVID-19 est passé d’un animal à l’homme, lors d’un point de presse à Wuhan.

Ils avaient semblé exclure l’hypothèse que le virus ait pu s’échapper de l’institut de virologie de Wuhan, comme le gouvernement de Donald Trump l’affirmait, la jugeant hautement improbable.

Devant la levée de boucliers, le Dr Tedros avait peu après rectifié le tir et affirmé que « toutes les hypothèses restent sur la table » pour expliquer l’origine de la pandémie.

Une volte-face qui avait ajouté au scepticisme affiché envers la mission par de nombreux pays.

Mesures resserrées

Devant la prolifération des cas associés aux nouveaux variants du coronavirus et en considérant une propagation toujours importante, plusieurs pays ont décidé de resserrer leurs mesures sanitaires, vendredi.

Le ministre italien de la Santé, Roberto Speranza, a par exemple annoncé un tour de vis dans la lutte contre l’épidémie, instaurant de nouvelles restrictions dans trois régions. Le bilan au pays frôle les 100 000 morts.

Le Frioul-Vénétie-Julienne et la Vénétie, classés jusqu’ici en jaune (risque modéré), sont passés à l’orange (risque moyen), tandis que la Campanie, la région de Naples, passera au rouge (risque élevé) à partir de lundi.

Au Japon, à moins de cinq mois de l’ouverture des Jeux de Tokyo, le gouvernement a prolongé vendredi pour deux semaines, jusqu’au 21 mars, l’état d’urgence encore en vigueur dans la capitale et ses trois départements limitrophes.

Ce dispositif, qui consiste principalement à demander aux bars et aux restaurants de fermer à 20 h et à la population d’éviter les sorties non indispensables, avait été levé fin février dans six départements du pays et devait initialement prendre fin ce dimanche pour Tokyo et sa grande banlieue.

Le premier ministre Yoshihide Suga a appelé vendredi la population à continuer d’éviter les rassemblements, alors que le mois de mars au Japon marque la fin de l’année scolaire et universitaire, avec d’habitude des cérémonies à la clé, ainsi que les pique-niques du hanami pour admirer les cerisiers en fleurs.

À l’échelle mondiale, le bilan pandémique a atteint plus de 115,6 millions de cas de contamination à la COVID-19 ainsi que 2,57 millions de morts associées à la maladie, selon un bilan compilé par l’AFP vendredi.

Avec les bureaux internationaux de l’AFP