Manifestation au Népal contre des projets de réglementation des voyages des femmes

Des militantes des droits des femmes tiennent des pancartes devant le bureau du ministère de l'Immigration du Népal lors d'une manifestation à Katmandou le 11 février 2021.
Photo: Prakash Mathema Agence France-Presse Des militantes des droits des femmes tiennent des pancartes devant le bureau du ministère de l'Immigration du Népal lors d'une manifestation à Katmandou le 11 février 2021.

Des manifestants ont protesté jeudi à Katmandou contre un projet de nouvelle réglementation qui obligerait les jeunes femmes de moins de 40 ans à demander l’autorisation de leur famille pour entreprendre certains voyages, y voyant une violation de leurs droits fondamentaux.

Le gouvernement affirme que la nouvelle réglementation a pour objectif de lutter contre le trafic d’êtres humains, mais les manifestants rassemblés devant le ministère de l’Immigration ont dénoncé des entraves à la liberté de mouvement des femmes.

La nouvelle réglementation, selon les médias, obligerait les femmes de moins de 40 ans à produire une lettre de recommandation d’un membre de leur famille ou de leur entité administrative locale pour avoir le droit de se rendre seules pour la première fois dans un « pays à risque » avec un visa de séjour.

Le directeur du ministère Tek Narayan Poudel a tenté de calmer la foule, affirmant qu’il n’y avait « pas eu encore de décision » concernant cette réglementation. « Lors de nos discussions au ministère de l’Intérieur, nous nous efforcerons de ne pas l’approuver car elle est contraire aux droits de l’homme », a-t-il assuré.

Depuis 2017, le Népal restreint les autorisations octroyées aux Népalais pour séjourner dans certains pays du Golfe comme employés de maison, pour éviter des situations de travail forcé et d’exploitation.

Mais selon Manju Gurung, militante s’occupant des femmes travailleuses migrantes, ces restrictions ont incité un nombre non évalué de femmes à emprunter des voies d’immigration illégales ou à les contourner avec des visas de tourisme.

« Ce n’est pas une solution mais une autre erreur qui ne fera que discriminer les femmes », a-t-elle estimé.

« Nous demandons de pouvoir vivre librement, travailler librement. Les recommandations et propositions comme celle-là devraient être immédiatement retirées », s’exclame l’une des manifestantes, Sabba Rani Maharjan.