Quatre ans de prison pour une lanceuse d’alerte chinoise

La sanction imposée à la Chinoise Zhang Zhan (en haut à gauche), journaliste citoyenne de 37 ans, n’est pas étonnante dans un pays où le taux de condamnation atteint les 99,93%. L’issue ne faisait aucun doute, d’autant plus que le sujet touche à la gestion de l’épidémie de COVID par les autorités. Sur la photo, un activiste prodémocratie lors d’une manifestation, à Honk Kong, lundi, pour réclamer la libération de la journaliste.
Photo: Peter Parks Agence France-presse La sanction imposée à la Chinoise Zhang Zhan (en haut à gauche), journaliste citoyenne de 37 ans, n’est pas étonnante dans un pays où le taux de condamnation atteint les 99,93%. L’issue ne faisait aucun doute, d’autant plus que le sujet touche à la gestion de l’épidémie de COVID par les autorités. Sur la photo, un activiste prodémocratie lors d’une manifestation, à Honk Kong, lundi, pour réclamer la libération de la journaliste.

Au bout de trois petites heures, le tribunal de Shanghai avait rendu son verdict. Une peine de quatre ans de prison a été infligée dimanche à Zhang Zhan pour « provocations aux troubles », un motif fréquemment utilisé par le pouvoir chinois pour mettre au pas toute forme de dissidence. La sanction imposée à Zhang, journaliste citoyenne de 37 ans, n’est pas étonnante dans un pays où le taux de condamnation atteint les 99,93 %. L’issue ne faisait aucun doute, d’autant plus que le sujet touche à la gestion de l’épidémie de COVID-19 par les autorités.

Au début de la pandémie en février, Zhang Zhan s’était rendue dans la mégalopole de Wuhan. Dans les rues de la ville du centre de la Chine, cette ancienne avocate se lançait dans ses premiers reportages. Sur YouTube et Twitter, deux réseaux sociaux censurés en Chine, elle diffuse alors en direct des images de rues désertes et d’hôpitaux débordés et n’hésite pas à dénoncer l’inaction initiale des autorités locales. Sur son blogue, elle critique ensuite la décision de mettre la ville en quarantaine dans la nuit du 22 au 23 janvier 2020, une mesure qu’elle considère comme une « grave violation des droits de la personne ». En mai, la jeune femme disparaît soudain de la circulation. Quelques jours après, les autorités chinoises annoncent que Zhang est détenue à Shanghai, son lieu de résidence, situé à plus de 800 km du berceau de l’épidémie. Durant son emprisonnement, elle a entamé une grève de la faim avant d’être nourrie de force grâce à un tube nasal. À l’annonce du verdict, la journaliste est apparue « abattue » devant la lourdeur de la peine, d’après l’un de ses avocats, Ren Quanniu. Devant la cour de justice, les policiers avaient pris soin de faire le ménage, tenant les journalistes et diplomates étrangers à bonne distance.

Ce jugement rappelle que personne ne peut aller à l’encontre de la version officielle de la propagande communiste, celle qui affirme que la Chine a remporté sa bataille contre le virus. Un an après l’émergence de la COVID-19 sur le sol chinois, Pékin a finalement accepté l’idée d’une enquête de l’Organisation mondiale de la santé dans la ville de Wuhan. La venue d’une équipe d’experts, soigneusement approuvée par Pékin, se fait pourtant toujours attendre. Jusqu’ici, l’agence onusienne a toujours été tenue à l’écart du foyer de la pandémie.

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