Les pourparlers «sur le point» de débuter en Afghanistan

Kaboul a déjà relâché près de 5000 prisonniers talibans.
Photo: Wakil Kohsar Agence France-Presse Kaboul a déjà relâché près de 5000 prisonniers talibans.

Des pourparlers de paix historiques entre Kaboul et les talibans sont « sur le point » de débuter, a annoncé le gouvernement afghan dimanche, après la décision par une grande assemblée de libérer 400 prisonniers talibans coupables de crimes graves.

« Les discussions interafghanes devraient débuter 2 ou 3 jours après la libération des 400 prisonniers talibans », a déclaré l’ex-président Hamid Karzaï (2001-2014).

L’avenir des prisonniers représente un enjeu crucial dans l’ouverture des négociations, les deux camps s’étant engagés dans un échange de prisonniers qui doit précéder ces discussions.

« Aujourd’hui, je signerai un décret pour relâcher les 400 prisonniers restants », a confirmé dimanche le président afghan, Ashraf Ghani. Kaboul a déjà relâché près de 5000 prisonniers talibans.

La résolution qui recommande la libération des prisonniers a été adoptée après trois jours de discussions entre des milliers de dignitaires afghans, responsables étatiques et chefs tribaux, réunis pour une loya jirga, une « grande assemblée ». Une décision prise « afin d’enlever les obstacles à l’ouverture de pourparlers de paix, de mettre fin au carnage, et pour le bien du public », a déclaré Atefa Tayeb, membre de l’assemblée.

400
C’est le nombre de prisonniers talibans que les autorités afghanes ont accepté de libérer. Elles en avaient déjà relâché 5000, mais refusaient jusqu’ici de libérer ces derniers prisonniers, coupables de crimes graves.

Parmi les captifs concernés, selon une liste officielle consultée par l’AFP, se trouvent plus de 150 condamnés à mort, ainsi qu’un groupe de 44 captifs très surveillés par les États-Unis et d’autres pays pour leur rôle dans des attaques de premier plan. Ce groupe inclut les deux assassins de Bettina Goislard, une employée française du Haut-Commissariat aux réfugiés de l’ONU, tuée le 16 novembre 2003. Cinq des captifs ont également joué un rôle dans l’attaque en 2018 de l’hôtel Intercontinental à Kaboul, lors de laquelle 40 personnes avaient péri, dont 14 étrangers.

Dans ses recommandations, la grande assemblée a aussi réclamé la libération par les talibans de « tous prisonniers civils et militaires du gouvernement », ainsi que la garantie « que les captifs libérés [par le gouvernement] ne retourneraient pas sur le champ de bataille, et que leurs activités seraient surveillées ».

« Les talibans doivent maintenant démontrer qu’ils n’ont pas peur d’un cessez-le-feu national », a précisé le chef d’État afghan dimanche, faisant référence à une demande de la grande assemblée pour une trêve « sérieuse, immédiate et durable » à travers le pays.

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