Washington sanctionne la dirigeante de Hong Kong

Carrie Lam
Photo: Isaac Lawrence Agence France-Presse Carrie Lam

Washington a encore durci vendredi son bras de fer avec Pékin en adoptant des sanctions contre onze dirigeants hongkongais, dont la cheffe de l’exécutif Carrie Lam, parallèlement à des mesures radicales contre les joyaux du numérique chinois TikTok et WeChat.

Le gouvernement américain a annoncé le gel des avoirs de Mme Lam, des secrétaires à la Sécurité et à la Justice ou encore du chef de la police, accusés de chercher à restreindre l’autonomie du territoire ainsi que « la liberté d’expression ou de réunion » de ses habitants. « Les États-Unis soutiennent le peuple de Hong Kong et nous utiliserons nos outils et nos autorités pour cibler ceux qui portent atteinte à son autonomie », a justifié le secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin.

Il s’agit d’une réponse à l’adoption par la Chine, en juin, d’une loi sur la sécurité nationale dans l’ancienne colonie britannique qui, selon ses critiques, entraîne un recul des libertés inédit depuis la rétrocession de Hong Kong à la Chine par le Royaume-Uni en 1997. Selon la Chine, elle permet d’assurer la stabilité, de mettre fin aux violences ayant émaillé le mouvement de contestation de 2019 à Hong Kong, ainsi que d’y réprimer le courant pro indépendance. Mais pour les pays occidentaux, le texte vise à museler l’opposition hongkongaise après les manifestations monstres de l’an dernier, qui dénonçaient l’influence de Pékin dans le territoire.

Les États-Unis soutiennent le peuple de Hong Kong et nous utiliserons nos outils et nos autorités pour cibler ceux qui portent atteinte à son autonomie

 

Les autorités hongkongaises ont aussi renforcé les craintes occidentales en reportant les prochaines élections au motif de la pandémie.

En représailles, le président américain avait annoncé mi-juillet la fin du régime économique préférentiel accordépar les États-Unis au territoire autonome, centre financier international majeur, et avait promulgué une loi prévoyant des sanctions contre des responsables hongkongais et chinois. La Chine avait promis qu’elle réagirait en imposant à son tour des sanctions contre des « personnes et entités américaines ».

Entre-temps, le climat s’est envenimé entre les deux grandes puissances. Accusant la Chine d’espionnage, Washington a fait fermer son consulat à Houston, et la Chine a pris possession du consulat des États-Unis à Chengdu (Sud-Ouest). Les États-Unis ont également pris parti contre Pékin dans les différends territoriaux en mer de Chine méridionale et l’ont accusé de violer les droits de la minorité musulmane ouïghoure.

Dernier épisode dans cette escalade, le renseignement américain, responsable de la surveillance des ingérences, a annoncé vendredi que la Chine préférerait que Trump ne soit pas réélu lors de la présidentielle américaine du 3 novembre. « Nous estimons que la Chine préfère que le président actuel — considéré comme imprévisible par Pékin — ne remporte pas un second mandat. La Chine a accentué ses efforts pour peser sur l’environnement politique » en amont du scrutin, a déclaré William Evanina, directeur du Centre national du contre-renseignement et de la Sécurité.

Les États-Unis « mènent une manipulation et une répression politiques arbitraires, ce qui ne pourra déboucher que sur leur propre déclin moral et sur une atteinte à leur image » a dénoncé vendredi un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Wang Wenbin.

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