Droits humains: l’ONU dénonce une «situation alarmante» au Cachemire indien

Un soldat paramilitaire monte la garde devant des magasins fermés lors d'un couvre-feu à Srinagar le 4 août 2020.
Photo: Tauseef Mustafa Agence France-Presse Un soldat paramilitaire monte la garde devant des magasins fermés lors d'un couvre-feu à Srinagar le 4 août 2020.

Des experts des Droits de l’Homme de l’ONU ont dénoncé mardi une « situation alarmante » au Cachemire indien, une région himalayenne siège de vives tensions, brutalement reprise en main par New Delhi il y a un an.

Dans un communiqué, ces experts indépendants, mandatés par les Nations unies mais dont l’avis n’engage pas l’organisation internationale, appellent « l’Inde et la communauté internationale à prendre des mesures urgentes pour faire face à la situation alarmante des droits de l’homme dans le territoire ».

« Si l’Inde ne prend aucune mesure réelle et immédiate pour régler la situation, s’acquitter de ses obligations d’enquêter sur les cas historiques et récents de violations des droits de l’homme et éviter de futures violations, alors la communauté internationale devrait s’engager », ajoutent-ils.

Il y a un an, le 5 août 2019, le gouvernement indien révoquait l’autonomie constitutionnelle du Cachemire indien, disputé avec le Pakistan et en proie à une insurrection séparatiste depuis 30 ans, resserrant son contrôle sur cette zone poudrière.

Depuis, « la situation des droits de l’homme au Jammu-et-Cachemire est en chute libre », selon les experts.

Ces derniers se disent « particulièrement préoccupés par le fait que pendant la pandémie de COVID-19, de nombreux manifestants sont toujours en détention et les restrictions (sur) Internet restent en place ».

Ils mettent aussi en exergue la fermeture en octobre 2019 de la Commission des droits de l’homme de l’État de Jammu-et-Cachemire, « qui avait été l’un des rares moyens par lesquels les victimes de violations des droits de l’homme pouvaient demander réparation ».

Enfin, ils dénoncent l’absence de réponse de la part des autorités indiennes à trois des quatre lettres envoyées par des experts de l’ONU ces derniers mois, appelant l’Inde « à programmer de toute urgence des visites » pour ces experts, en particulier ceux chargés de la torture et des disparitions.

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