Retour de la COVID-19 en Chine: les autorités bouclent Pékin

Pékin va fermer à nouveau toutes ses écoles et universités, après un rebond des cas de COVID-19 dans la capitale chinoise.
Photo: Greg Baker Agence France-Presse Pékin va fermer à nouveau toutes ses écoles et universités, après un rebond des cas de COVID-19 dans la capitale chinoise.

Pékin a exhorté mardi ses habitants à éviter les voyages « non essentiels » en dehors de la ville et ordonné une nouvelle fermeture des écoles après un rebond des cas de COVID-19 dans la capitale chinoise. La découverte en six jours de 137 malades, liés à un marché de la ville, a constitué un choc pour les Pékinois. Car la Chine avait largement endigué le coronavirus à force de quarantaine et de dépistages.

Les autorités avaient assoupli les restrictions ces derniers mois en raison de l’amélioration de la situation : seuls deux morts de la COVID-19 ont été recensés depuis mi-avril dans le pays, où le virus a fait son apparition fin 2019. Mais la crainte d’une deuxième vague épidémique à Pékin a poussé les autorités locales à agir. La mairie a lancé une campagne de dépistage, a confiné des zones résidentielles et a annoncé mardi de nouvelles mesures. La capitale a ainsi appelé ses 21 millions d’habitants à éviter les voyages « non essentiels » à l’extérieur des frontières municipales.

« Toute personne qui doit vraiment quitter Pékin devra fournir un certificat attestant d’un test négatif réalisé lors des sept derniers jours », a averti Chen Bei, la secrétaire générale adjointe de la mairie. Les habitants de zones classées « à risque moyen ou élevé », c’est-à-dire les plus touchées par la COVID-19, sont eux interdits de sortie de la ville, a-t-elle précisé lors d’une conférence de presse.

La mairie a également annoncé mardi une nouvelle fermeture de toutes les écoles. Les universités doivent quant à elles suspendre le retour des étudiants dans les salles de classe.

« La situation épidémique dans la capitale est extrêmement grave », avait averti plus tôt dans la journée Xu Hejian, un porte-parole de la municipalité. Le ministère de la Santé a fait état mercredi de 31 nouveaux malades à Pékin. Ce regain de contagion est parti de l’immense marché de gros de Xinfadi, dans le sud de la capitale, où le coronavirus a été repéré la semaine dernière sur des planches servant à découper du saumon d’importation. Des cas ont également été constatés sur d’autres marchés, désormais fermés.

En dehors de Pékin, 13 nouveaux cas de contamination ont été signalés au cours des dernières 24 heures, dont 11 auprès de malades de retour de pays étrangers.

Au total, la municipalité a ordonné le confinement de près de 30 zones résidentielles. Leurs milliers d’habitants n’ont plus le droit d’en sortir, mais peuvent être ravitaillés. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a indiqué suivre « de très près » la situation et évoqué l’envoi d’experts supplémentaires à Pékin. La panique n’a cependant pas encore gagné la ville, où seulement neuf morts de la COVID-19 ont été enregistrés depuis décembre, et zéro depuis la découverte du nouveau foyer. Des responsables municipaux ont dit vouloir dépister tous les vendeurs des marchés, ainsi que les gérants de restaurants.

Tests massifs

La ville de Pékin a porté sa capacité quotidienne de dépistage à plus de 90 000 personnes, selon l’agence de presse Chine nouvelle. Sous 36 degrés Celsius, de nombreux Pékinois équipés de masques attendaient ainsi mardi dans un parc de se faire tester, a constaté l’AFP.

Lundi, la mairie avait déjà décidé de refermer les sites sportifs et culturels. Et des villes chinoises ont annoncé la mise en quarantaine des voyageurs en provenance de Pékin. La mairie affirme avoir déjà fait désinfecter 276 marchés et 33 000 restaurants ou commerces alimentaires. Elle dit avoir fermé 11 marchés. Sept zones résidentielles supplémentaires, sur les milliers que compte la cité, ont par ailleurs été confinées mardi. Elles s’ajoutent aux 21 déjà dans ce cas. Ces mesures ne concernent qu’une infime partie des Pékinois. Plus de 8000 employés du marché de Xinfadi, qui fournit 70 % des fruits et légumes consommés à Pékin, ont été dépistés puis placés en quarantaine.

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