Indignation à Hong Kong après la décision de Pékin d’imposer une loi sur la sécurité nationale

<p>Des militants pro-démocratie étaient déterminés à descendre à nouveau dans les rues pour manifester leur indignation.</p>
Photo: Anthony Wallace Agence France-Presse

Des militants pro-démocratie étaient déterminés à descendre à nouveau dans les rues pour manifester leur indignation.

La décision de la Chine d’imposer à Hong Kong une loi sur la « sécurité nationale » est l’une des pires attaques menées contre l’autonomie du territoire, ont tonné vendredi des militants pro-démocratie déterminés à descendre à nouveau dans les rues pour manifester leur indignation.

Cette proposition de loi sur la sécurité, qui vise à interdire « la trahison, la sécession, la sédition [et] la subversion », a été déposée vendredi matin à l’ouverture de la session annuelle de l’Assemblée nationale populaire (ANP), le Parlement chinois.

Ce texte intervient après des mises en garde répétées du pouvoir communiste chinois contre toute dissidence à Hong Kong, secouée l’an dernier par sept mois de manifestations monstres en faveur de la démocratie.

« C’est la plus importante arme nucléaire jamais employée par le Parti communiste chinois pour détruire […] Hong Kong », a souligné Jimmy Sham.

Ce responsable du Front civique des droits de l’homme est à l’origine de la grande manifestation qui avait marqué, l’an dernier, le coup d’envoi de plusieurs mois de contestation.

M. Sham a appelé les Hongkongais à défiler par millions dans les rues de l’ex-colonie britannique alors que d’autres militants ont appelé, via Internet ou des applications, à des manifestations dimanche.

Pour le militant Joshua Wong, figure du « Mouvement des parapluies » en 2014, le message envoyé par la Chine aux manifestants pro-démocratie ne laisse aucune place au doute.

« Pékin essaie de faire taire par la force et la peur les voix des Hongkongais qui critiquent », a déclaré M. Wong sur Twitter.

Pour Amnesty International, ce texte constitue « une menace quasi-existentielle pour l’État de droit à Hong Kong » ce qui est de « mauvais augure pour les droits de l’homme dans la ville ».

Alors que la Chine présente ce projet de loi comme indispensable à la stabilité de ce centre financier international, la Bourse de Hong Kong a clôturé vendredi en baisse de plus de 5 %.

« Arrêter et punir légalement »

Le territoire a été rétrocédé à la Chine en 1997 aux termes d’un accord qui garantit au territoire pendant 50 ans une autonomie et des libertés inconnues dans le reste du pays, selon le principe « Un pays, deux systèmes ».

Au fil du temps, le mouvement pro-démocratie a pris de l’ampleur face à la mainmise jugée grandissante de Pékin.

Vendredi, le parti communiste n’a pas caché les objectifs de ce projet de loi qui vise à écraser ce mouvement.

Faisant référence aux forces « anti-chinoises », le vice-président l’Assemblée nationale populaire (ANP) Wang Chen a expliqué la nécessité de « prendre des mesures fortes pour les prévenir, les arrêter et les punir légalement ».

L’article 23 de la « Loi fondamentale », qui sert depuis deux décennies de Constitution au territoire semi-autonome, prévoit que la région se dote d’une loi interdisant « la trahison, la sécession, la sédition (et) la subversion ».

Il n’a cependant jamais été appliqué, une grande partie de la population hongkongaise y voyant une menace pour ses libertés.

La tentative de faire adopter une loi anti-subversion au niveau local, en 2003, avait échoué après des manifestations monstres dans les rues de ce territoire de près de 7,5 millions d’habitants.

Selon Joshua Wong et d’autres militants, la décision de Pékin de faire adopter ce texte par le Parlement chinois est un moyen de contourner le Parlement hongkongais.

La cheffe de l’exécutif de Hong Kong, Carrie Lam, s’est dite prête vendredi à « coopérer pleinement » avec Pékin afin d’appliquer cette loi.

La porte-parole de la diplomatie américaine Morgan Ortagus a mis en garde contre le risque de « déstabilisation » que pourrait engendrer ce texte. Le président américain Donald Trump a promis de réagir le cas échéant « de manière très forte ».

En novembre, le Congrès américain avait adopté une résolution soutenant les « droits humains et la démocratie » à Hong Kong et menacé de suspendre son statut économique spécial.

Jeudi, les sénateurs ont présenté un projet de loi visant à imposer des sanctions à l’encontre de toute entité qui limiterait l’autonomie du territoire.

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