La Corée du Sud craint une nouvelle flambée

La Corée du Sud était parvenue à aplatir la courbe sans confiner ses habitants.
Photo: Ed Jones Agence France-Presse La Corée du Sud était parvenue à aplatir la courbe sans confiner ses habitants.

Le pays a enregistré lundi le plus grand nombre de nouveaux cas depuis un mois, après l’apparition d’un nouveau foyer de contamination à Séoul.

À Séoul, le son strident des alertes sur téléphones intelligents retentit de nouveau à intervalle régulier afin de signaler la détection de cas additionnels de contamination à la COVID-19 à proximité. Après une série de plusieurs jours sans aucune nouvelle infection locale la semaine dernière, les autorités sanitaires ont rapporté 35 nouveaux cas ce lundi, soit la plus importante augmentation quotidienne depuis le 9 avril, portant le bilan national à 10 909 contaminations.

Une douche froide pour le pays qui était parvenu à aplatir la courbe sans confiner ses 51 millions d’habitants, et qui redoute désormais une flambée de transmissions à l’échelle nationale. En l’espace d’un week-end, Itaewon, un quartier multiculturel de la capitale célèbre pour sa vie nocturne débridée, s’est révélé être un nouveau foyer d’infection après qu’un homme d’une vingtaine d’années porteur du virus a visité cinq clubs et bars dans la nuit du vendredi 1er au samedi 2 mai.

Alors que la vie revenait peu à peu à la normale avec un assouplissement la semaine dernière des mesures de distanciation physique en vigueur depuis mars et la réouverture des écoles cette semaine, le maire de Séoul, Park Won-soon, a annoncé samedi la fermeture de tous les établissements de nuit de la capitale pour un mois au minimum. Depuis samedi, les clubs et bars d’Itaewon demeurent donc portes closes et les rues attenantes anormalement désertes, un douloureux rappel que la crise n’est pas finie.

« Parmi les 5517 personnes inscrites sur les registres des visiteurs [des clubs] obtenus par la Ville, nous sommes parvenus à en contacter 2405, mais nous restons sans nouvelles des 3112 autres », a déploré M. Park lors d’une réunion d’information, avant d’ajouter que « la négligence peut entraîner une explosion des infections ». La fréquentation des clubs concernés par la communauté gaie rend le traçage délicat sur fond de crainte d’une « sortie de placard » forcée ou d’une stigmatisation de la communauté homosexuelle.

La négligence peut entraîner une explosion des infections

 

Si l’homosexualité n’est pas illégale en Corée du Sud, les discriminations demeurent fréquentes, ce qui conduit un nombre important d’homosexuels à cacher leur sexualité dans le cadre familial et professionnel. Certains clients hésiteraient donc à se faire tester par crainte que leur orientation sexuelle soit rendue publique. Afin d’encourager ceux qui ne veulent pas révéler leur identité à se manifester, le maire de Séoul a cependant assuré que la municipalité fournira des tests anonymes et gratuits.

Conscient d’assister aux prémices d’une deuxième vague d’infections, le président sud-coréen, Moon Jae-in, a appelé la population à accroître sa vigilance, lors d’une allocution marquant le troisième anniversaire de son mandat. La Corée du Sud, deuxième État le plus touché au monde par l’épidémie derrière la Chine fin février, s’est attiré les louanges de la communauté internationale grâce à sa méthode « trace, test and treat », qui lui a permis, jusqu’à la semaine dernière, de juguler l’épidémie sur son sol. Loin de s’enorgueillir de ce statut d’élève modèle, M. Moon a encore rappelé que son pays se trouvait « dans une guerre prolongée ».