Le virus revient à sa source

Les autorités de Wuhan ont forcé la fermeture des lieux publics et appelé les résidents à un nouveau confinement.
Photo: Noel Celis Agence France-Presse  Les autorités de Wuhan ont forcé la fermeture des lieux publics et appelé les résidents à un nouveau confinement.

Après un mois de déconfinement, Wuhan a enregistré ses premiers cas lundi, mais les autorités se font rassurantes

Point de départ de la pandémie de COVID-19, la ville de Wuhan, en Chine, a vu le coronavirus réapparaître sur son territoire pour la première fois depuis la levée du confinement décrété il y a à peine un mois. Lundi, les responsables de la santé publique ont déclaré avoir détecté 6 nouveaux cas d’infection en trois jours à peine, et ce, dans un pays où les autorités sanitaires prétendaient pourtant avoir jugulé l’épidémie.

Dimanche, la ville de Shulan, dans la province de Jilin, à plus de 2000 km au nord de Wuhan, a également été placée en quarantaine après la découverte d’un nouveau foyer d’éclosion et la confirmation de 13 nouveaux cas d’infection. La municipalité de plus de 600 000 âmes est située juste à l’ouest de la frontière avec la Russie, pays lourdement touché lui aussi par la pandémie.

Selon le réseau de télévision national CGTN, les autorités locales ont forcé la fermeture des lieux publics, appelé les résidents à un nouveau confinement et placé la région à haut risque de contagion. Il y a une semaine à peine, la Chine avait fait passer l’ensemble de ses régions au niveau « bas » ou « moyen », quant au risque de prolifération du virus.

« Ces cas n’indiquent certainement pas le début d’une deuxième vague d’épidémie en Chine, a affirmé lundi Wang Peiyu, directeur adjoint de l’École de santé publique de l’Université de Pékin, dans les pages du quotidien contrôlé par le Parti communiste chinois (PCC), Global Times. Étant donné la complexité de la COVID-19, qui a une période d’incubation incertaine et parfois asymptomatique, ce type de cas sporadiques est tout à fait normal. »

Pour Jin Dongyan, professeur à l’École des sciences biomédicales de l’Université de Hong Kong, ces foyers d’éclosion vont devenir un « nouveau normal » dans les prochaines années, sans forcément entraîner des épidémies aussi graves que les premières. La résurgence de la maladie est selon lui fort possible, étant donné le caractère hautement contagieux du virus.

À Wuhan, plus de 3800 personnes ont perdu la vie après avoir contracté le nouveau coronavirus qui y est apparu en décembre dernier. Il s’agit de la plus grande part des quelque 4600 décès liés à la COVID-19 en Chine, si l’on accepte de croire les chiffres officiels.

Les nouveaux cas détectés dans la métropole de 11 millions d’habitants l’ont été dans une résidence pour personnes âgées du quartier Samnin. Le fonctionnaire du Parti communiste responsable du district où la résidence se trouve a été limogé dimanche, a rapporté l’agence de presse officielle Chine nouvelle, pour avoir failli dans la protection de ces résidents.

Au total, 17 nouveaux cas d’infection ont été recensés sur le territoire chinois lundi. Depuis le début du mois de mai, c’est le deuxième jour de suite que cette statistique dépasse la dizaine. Aucun nouveau décès lié au SRAS-CoV-2, le virus à l’origine de la COVID-19, n’a été signalé dans le pays depuis près d’un mois.

Poursuivre l’ouverture

Pour l’instant, les autorités chinoises n’ont pas l’intention de revenir à des règles de confinement strictes, et ce, après avoir remis progressivement l’activité du pays en marche. Signe de cette reprise, lundi, le parc d’attractions Disneyland de Shanghai, situé dans la plus grande ville de Chine, a rouvert ses portes. Dans les derniers jours, d’autres sites touristiques, comme la Grande Muraille et la Cité interdite, sont revenus doucement à la vie, dans une nouvelle normalité qui n’épargne pas le géant du divertissement américain.

Les visiteurs vont devoir porter un masque, mais également accepter de faire prendre leur température avant d’entrer dans le parc. Disney se lance dans cette aventure avec prudence en acceptant dans son espace ludique un quart à peine des visiteurs quotidiens qu’il reçoit quotidiennement, soit 24 000 personnes contre 80 000 avant la pandémie.

Il s’agit du premier parc Disney à reprendre du service au monde, au grand soulagement de la multinationale américaine qui a estimé à 1,4 milliard de dollars l’effet négatif de la crise sanitaire et économique sur ses activités, dont un milliard seulement pour ses parcs d’attractions et ses croisières.