Philippines: le principal groupe de médias interdit de diffusion

La licence de 25 ans d’ABS-CBN a expiré lundi, et le projet de loi prévoyant son renouvellement traîne au Congrès.
Photo: Maria Tan Agence France-Presse La licence de 25 ans d’ABS-CBN a expiré lundi, et le projet de loi prévoyant son renouvellement traîne au Congrès.

Le plus grand groupe de médias philippin, ABS-CBN, a interrompu ses émissions mardi à cause du blocage de sa licence de diffusion, que certains voient comme une nouvelle attaque du gouvernement contre la liberté de la presse.

Le conflit d’ABS-CBN avec le président Rodrigo Duterte a commencé en 2016. Depuis, le dirigeant s’en prend régulièrement au groupe de télévision, radio et Internet dans ses discours, et le projet de loi prévoyant le renouvellement de sa licence traîne au Congrès, contrôlé par les partisans du président.

M. Duterte a l’habitude de s’en prendre aux médias qui critiquent sa politique, inquiétant les défenseurs de la liberté de la presse aux Philippines.

« C’est douloureux pour nous d’avoir été fermés, mais c’est aussi douloureux pour les millions de nos concitoyens qui estiment que notre service est important pour eux », a déclaré le président d’ABS-CBN, Mark Lopez, juste avant la coupure de la principale chaîne de télévision.

Une manifestation de soutien a été organisée devant les locaux de la société.

La licence de 25 ans d’ABS-CBN a expiré lundi, mais les autorités avaient assuré précédemment que le groupe pourrait continuer à émettre provisoirement.

Mais la Commission nationale des télécommunications a publié mardi une ordonnance de cessation et d’abstention, citant l’expiration de la licence et indiquant qu’ABS-CBN devrait faire appel de cette ordonnance pour espérer recommencer à émettre.

Au début de son mandat, M. Duterte avait reproché au groupe de ne pas avoir diffusé ses spots de campagne présidentielle et de ne pas avoir remboursé l’argent perçu pour les diffuser.

« C’est un coup très dur porté à la liberté de la presse aux Philippines », a déclaré Carlos Conde, de l’ONG Human Rights Watch. « Il est difficile de croire que Duterte n’a rien à voir là-dedans ».

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