L’état d’urgence déclaré pour sept régions du Japon

La pandémie de COVID-19 demeure limitée pour l’heure dans l’archipel, mais les cas sont en nette hausse depuis fin mars.
Photo: Behrouz Mehri Agence France-Presse La pandémie de COVID-19 demeure limitée pour l’heure dans l’archipel, mais les cas sont en nette hausse depuis fin mars.

Le premier ministre japonais Shinzo Abe a déclaré mardi l’état d’urgence, d’une durée initiale d’un mois, pour Tokyo et six autres régions de l’archipel face à une récente accélération du nombre de cas de COVID-19 dans le pays.

L’état d’urgence ne permet pas d’imposer un confinement strict comme dans d’autres pays, mais offre aux gouverneurs régionaux concernés la possibilité d’insister auprès des habitants pour qu’ils restent chez eux, ainsi que de demander la fermeture temporaire de commerces non essentiels.

« Face à une situation qui peut gravement affecter la vie de chacun et l’économie, j’ai décidé de déclarer l’état d’urgence », a annoncé M. Abe devant un comité parlementaire.

« Nous lèverons cette mesure dès que nous serons certains qu’elle n’est plus nécessaire », a-t-il ajouté.

Les préfectures concernées sont la capitale Tokyo et les trois régions de sa grande banlieue : la région de la grande métropole de l’ouest Osaka et sa voisine Hyogo, ainsi que celle de Fukuoka, dans l’île de Kyushu (sud-ouest).

Quelque 50 millions de personnes sont ainsi concernées, soit environ 40 % de la population du pays.

Le premier ministre, qui avait déjà annoncé lundi son intention de déclarer l’état d’urgence, a tenu à rappeler que ce dispositif n’entraînera « pas de confinement comme observé à l’étranger » et que l’objectif était de « maîtriser la propagation du virus tout en maintenant les services socio-économiques essentiels, comme les transports en commun ».

Les autorités comptent essentiellement sur la bonne volonté des citoyens, lesquels sont d’ailleurs très majoritairement favorables à l’état d’urgence, selon un sondage de la chaîne privée TBS publié lundi.

« Il est nécessaire de demander l’entière coopération de tous », a martelé M. Abe, ajoutant que « selon les experts, si nous faisons tous des efforts pour réduire nos contacts de 70 % à 80 %, le nombre d’infections se réduira au bout de deux semaines ».

La pandémie de COVID-19 demeure limitée pour l’heure dans l’archipel, mais les cas sont en nette hausse depuis fin mars, faisant craindre une saturation des hôpitaux, ce qui a poussé le gouvernement de M. Abe à intensifier son action.

Selon le dernier bilan du ministère japonais de la Santé, le pays totalisait lundi plus de 3900 cas d’infection depuis le début de la crise, pour 80 morts.

L’état d’urgence devrait porter un rude coup supplémentaire à l’économie du pays, alors que Tokyo et sa grande banlieue pèsent environ un tiers du Produit intérieur brut (PIB) national.

Par conséquent M. Abe avait aussi annoncé dès lundi un plan d’aide record de 108 000 milliards de yens (915 milliards d’euros) pour contrer les effets de la crise sanitaire sur les entreprises et les ménages japonais.

Ce plan, qui doit encore être formellement approuvé par le gouvernement et le Parlement, comprendra notamment des allocations financières pour les ménages les plus modestes ainsi que pour les petites et moyennes entreprises les plus touchées par la crise.