Décès de deux passagers évacués du «Diamond Princess»

L’inquiétude face au virus touche aussi la Russie, où aucun ressortissant chinois ne peut entrer à partir de jeudi, point d’orgue des mesures sanitaires prises contre l’épidémie. Sur la photo, des passagers à la gare de Nanjing, dans la province chinoise de Jiangsu.
Photo: STR Agence France-Presse L’inquiétude face au virus touche aussi la Russie, où aucun ressortissant chinois ne peut entrer à partir de jeudi, point d’orgue des mesures sanitaires prises contre l’épidémie. Sur la photo, des passagers à la gare de Nanjing, dans la province chinoise de Jiangsu.

Deux malades du nouveau coronavirus issus du paquebot en quarantaine au Japon sont décédés, ont rapporté les médias japonais jeudi.

Une femme et un homme octogénaires qui avaient été contaminés sont morts, ont rapporté la chaîne de télévision publique NHK et d’autres médias.

La confirmation de cette information par le ministère de la Santé n’a pu être obtenue dans l’immédiat. Il s’agirait des premiers cas mortels parmi les plus de 600 porteurs confirmés du virus sur le navire de croisière.

Ces deux octogénaires souffraient d’affections préexistantes et avaient été évacués du bateau les 11 et 12 février, a précisé la NHK.

Tokyo avait annoncé dans la soirée de mercredi 79 nouveaux porteurs du coronavirus à bord, ce qui porte le nombre total de cas répertoriés sur le Diamond Princess à 621, faisant de ce navire de croisière à quai dans le port de Yokohama, dans la banlieue de Tokyo, le plus grand foyer du virus hors de Chine.

Mercredi, 443 passagers ont débarqué. L’évacuation de tous les passagers devrait prendre au moins trois jours. Les croisiéristes ne présentant pas de symptômes, dont les tests se sont révélés négatifs et qui n’ont pas eu de contact avec des personnes porteuses du virus, ont débarqué tout au long de la journée, après 14 jours de quarantaine.

« Je suis soulagé […] Je veux me reposer », a lancé aux journalistes un Japonais de 77 ans.

Les personnes autorisées à sortir ont reçu un certificat officiel indiquant qu’elles ne présentaient « aucun risque d’infection au nouveau coronavirus », ni de symptômes au moment de l’inspection.

Les dizaines de nouveaux cas constatés à bord chaque jour ont soulevé des questions sur l’efficacité de la quarantaine au cours de laquelle les passagers étaient autorisés à se promener en petits groupes sur le pont avec des masques, tandis que le personnel de bord passait de cabine en cabine pour distribuer les repas.

Certains au Japon s’inquiètent de voir des passagers du navire éparpillés dans la nature ou en partance pour leurs pays respectifs.


Recul de l'épidémie 


Les nouveaux cas de contamination au coronavirus annoncés par les autorités en Chine ont cependant diminué jeudi, et l’Organisation mondiale de la santé a salué les « énormes progrès » pour juguler l’épidémie dont le bilan dépasse les 2 100 morts, avec plus de 74 500 personnes infectées. 

« Nous avons fait d’énormes progrès en peu de temps », a affirmé le directeur des mesures d’urgence en Méditerranée orientale, Richard Brennan, lors d’une conférence de presse du bureau régional de l’OMS en Égypte.

« On arrive à diagnostiquer le virus partout maintenant » et des « systèmes sanitaires efficaces » ont été mis en place, s’est félicité de son côté le directeur régional de l’OMS Ahmed al-Mandhari. Toutefois, il est « encore trop tôt pour dire que le virus a été endigué », a nuancé le Dr Brennan.

​Cet optimisme a gagné les principales Bourses mondiales, qui ont terminé mercredi en hausse. « Je ne pense pas que le coronavirus soit encore un sujet important. On voit que le nombre de nouveaux cas diminue. Le pire est probablement passé », a commenté l’analyste Maris Ogg, de Tower Bridge Advisors.

Un total de 108 décès supplémentaires ont été recensés jeudi dans la province du Hubei, où l’épidémie de Covid-19 avait démarré en décembre.

Mais seuls 615 nouveaux cas de contamination ont été enregistrés, en fort recul par rapport aux 1 693 rapportés mercredi, selon les autorités sanitaires de la province, qui ont par ailleurs révisé à la baisse, sans préciser pourquoi, le nombre de cas déclarés les jours précédents.


Rapatriements contestés

Plusieurs pays, dont le Royaume-Uni, ont décidé d’envoyer des avions pour rapatrier leurs ressortissants sans plus attendre. Quant à l’équipage, il entamera une quarantaine une fois le dernier passager sorti.

L’inquiétude face au virus touche aussi la Russie, où aucun ressortissant chinois ne peut entrer à partir de jeudi, point d’orgue des mesures sanitaires prises contre l’épidémie, malgré le coût économique pour le tourisme et les régions frontalières.

Officiellement, la Russie n’a plus de malades du nouveau coronavirus sur son territoire depuis la sortie d’hôpital la semaine dernière des deux seuls patients, des ressortissants chinois. Moscou avait déjà fermé ses quelque 4 250 km de frontières avec la Chine, coupé les liaisons ferroviaires de passagers et restreint le nombre des vols vers des villes chinoises.

En Ukraine, des dizaines de personnes ont protesté mercredi contre l’arrivée prévue jeudi dans le pays d’un avion transportant 48 Ukrainiens et 29 ressortissants de pays tiers depuis Wuhan. Les manifestants ont bloqué une route menant vers un hôpital à Vynnyky, dans l’ouest du pays.

La France a pour sa part envoyé à Wuhan un nouvel avion en vue de rapatrier « quelques dizaines » de ses ressortissants, a annoncé le ministère de la Santé.

Le territoire semi-autonome de Hong Kong a constaté un deuxième décès, et l’Iran a annoncé deux morts.

La Chine a donné cinq jours mercredi à trois journalistes du Wall Street Journal pour quitter le pays en représailles à un titre jugé raciste du quotidien américain. Pékin a très mal pris une tribune parue le 3 février, titrée : « La Chine est le véritable homme malade de l’Asie ». Cette expulsion a été immédiatement condamnée par Washington.

Quatre autres Canadiens infectés à bord du «Diamond Princess»

Ottawa — Il y a maintenant 47 Canadiens qui sont atteints du nouveau coronavirus sur le bateau de croisière Diamond Princess en quarantaine au Japon. Il s’agit de quatre cas de plus que le jour précédent. Les croisiéristes canadiens qui sont asymptomatiques pourront être rapatriés au Canada d’ici la fin de la semaine. Le ministre des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, a déclaré mercredi que le débarquement des Canadiens du navire aura lieu jeudi soir, heure locale. Il a rappelé que seuls les Canadiens en bonne santé et qui auront réussi le processus de contrôle sanitaire seront autorisés à revenir au Canada sur un avion affrété par le gouvernement canadien. Ceux-ci atterriront à la base militaire de Trenton, en Ontario, pour y être examinés une fois de plus. Puis, ils seront transférés à Cornwall, où ils seront mis en quarantaine pendant deux semaines. M. Champagne rappelle que la meilleure approche pour traiter les Canadiens infectés par le nouveau coronavirus, aussi connu sous le nom de COVID-19, est de se faire soigner localement. Il a assuré que ces derniers ont accès à un soutien consulaire complet de la part des fonctionnaires canadiens. On compte 256 Canadiens au total à bord du navire japonais.

La Presse canadienne