Manifestations en Russie contre la révision constitutionnelle de Poutine

La manifestation moscovite a de son côté réuni 3000 personnes, selon son organisateur, 300, selon la police.
Photo: Alexander Zemlianichenko Associated Press La manifestation moscovite a de son côté réuni 3000 personnes, selon son organisateur, 300, selon la police.

Des manifestations ont été organisées samedi dans plusieurs villes de Russie contre le projet de révision constitutionnelle porté par Vladimir Poutine, une réforme menée tambour battant qui alimente les conjectures sur l’avenir politique du président russe.

Organisée sous la forme de piquets de manifestation en solitaire — la seule forme de protestation en Russie qui ne requiert pas d’autorisation préalable —, la manifestation de Saint-Pétersbourg (nord-ouest) s’est toutefois soldée par plusieurs arrestations, selon l’ONG OVD-Info, spécialisée dans le suivi des manifestations.

La manifestation moscovite, autorisée sur une place éloignée du centre et organisée à l’appel de différents mouvements d’opposition, dont le Front de Gauche de Sergueï Oudaltsov, a de son côté réuni 3000 personnes, selon son organisateur, 300, selon la police.

M. Oudaltsov a notamment dit à l’agence de presse Interfax souhaiter « un référendum au lieu d’un vote public incompréhensible ». Vladimir Poutine a promis que les Russes auraient à se prononcer sur le texte par un vote, refusant toutefois d’utiliser le terme de référendum et sans dire quelle forme la consultation électorale prendra.

Selon OVD-Info, des manifestations ont été organisées dans plusieurs autres villes, dont Arkhangelsk (nord-ouest) et Oulan-Oudé (Sibérie).

Vladimir Poutine a surpris les Russes mi-janvier en annonçant une révision constitutionnelle qui renforcera plusieurs prérogatives du président et musclera le rôle du Conseil d’État, un organe jusqu’alors consultatif.

Cette annonce avait été suivie de la démission immédiate du premier ministre, Dmitri Medvedev, et de son gouvernement. Les amendements proposés par le président ont ensuite été validés fin janvier à l’unanimité par les députés russes en première lecture.

Pour beaucoup d’analystes, Vladimir Poutine organise avec cette réforme l’après 2024, en se laissant le maximum de portes ouvertes pour préserver son influence tout en quittant le poste de président puisqu’il ne peut se représenter.