Un premier cas en Afrique

L’élargissement de la définition des personnes atteintes du COVID-19 a automatiquement gonflé le nombre de morts et de personnes officiellement infectées.
Photo: Philippe Fong Agence France-Presse L’élargissement de la définition des personnes atteintes du COVID-19 a automatiquement gonflé le nombre de morts et de personnes officiellement infectées.

Le bilan de l’épidémie du nouveau coronavirus a dépassé, vendredi, les 1500 morts en Chine, et le premier cas de contamination en Afrique a été constaté en Égypte. Le ministère égyptien de la Santé a annoncé avoir enregistré le premier cas sur le continent africain. Le porteur de la maladie, qui n’est pas égyptien, a été hospitalisé en quarantaine.

Plus de 66 000 cas de contamination ont désormais été enregistrés en Chine, dont au moins 1716 parmi les médecins et infirmiers travaillant au contact des malades, selon la Commission nationale de la santé, qui fait office de ministère. Les autorités ont révélé que six membres du personnel soignant étaient décédés, soulignant les risques auxquels ils s’exposent dans des hôpitaux débordés. La grande majorité (1102) de ces contaminations en milieu hospitalier a eu lieu à Wuhan (centre), chef-lieu de la province du Hubei et berceau de cette épidémie de pneumonie virale baptisée officiellement COVID-19. En raison d’un afflux de patients dans les hôpitaux du Hubei et d’une pénurie de fournitures de protection (masques, combinaisons intégrales), une partie du personnel soignant se retrouve à la merci d’une contamination.

La Commission nationale de la santé a fait état vendredi de 139 nouveaux décès en Chine continentale lors des dernières 24 heures, portant le total à 1523 morts à l’heure où nous écrivons ces lignes. La Chine concentre 99,9 % des décès dus au coronavirus enregistrés dans le monde. Jusqu’à présent, seuls le Japon et les Philippines ont fait état chacun d’un mort sur leur territoire.

Élargissement des critères

Les autorités sanitaires du Hubei ont annoncé jeudi, à la surprise générale, un élargissement de leur définition des personnes atteintes de pneumonie virale COVID-19. Jusqu’à présent, un test de dépistage était indispensable pour déclarer un cas « confirmé ». Dorénavant, les patients « diagnostiqués cliniquement », notamment grâce à une simple radio pulmonaire, seront aussi comptabilisés. Cette nouvelle méthode a automatiquement gonflé le nombre de morts et de personnes officiellement infectées, avec l’annonce jeudi d’un bond de plus de 15 000 nouveaux cas de contamination, et vendredi, de plus de 5000. Ces chiffres dépeignent une situation plus grave que rapporté jusqu’à présent, mais « ne représentent pas un changement important de la trajectoire de l’épidémie », a tempéré le chef du département des urgences sanitaires de l’OMS, Michael Ryan.

Ailleurs dans le monde, l’épidémie de COVID-19 maintient les autorités en alerte, avec plusieurs centaines de cas confirmés de contamination dans une vingtaine d’États. Les personnes malades aux États-Unis présentant des symptômes de grippe mais dont le dépistage est négatif seront testées pour le nouveau coronavirus, ont annoncé vendredi les Centres de contrôle et de prévention des maladies américains.

Le principal foyer d’infection hors de Chine reste le paquebot de croisière Diamond Princess, en quarantaine au Japon près de Yokohama (est) : 218 cas de contamination y ont été confirmés, dont 44 nouveaux cas annoncés jeudi. Les autorités japonaises ont commencé vendredi à évacuer du bateau certains passagers âgés et de santé fragile, dont les tests au nouveau coronavirus se sont révélés négatifs. Les centaines de passagers d’un navire de croisière américain, le Westerdam, ont pu débarquer vendredi au Cambodge : le bateau avait erré en mer plus de 10 jours, cinq ports asiatiques lui interdisant d’accoster par crainte du coronavirus.

Un cinquième cas en C.-B.

Une femme dans la trentaine a été déclarée positive au nouveau coronavirus et constituerait le cinquième cas confirmé en Colombie-Britannique. La médecin hygiéniste en chef de la province, Bonnie Henry, a affirmé que la femme était arrivée de Shanghai, en Chine, la semaine dernière, à l’aéroport de Vancouver. Mme Henry a indiqué que la femme portait un masque dans l’avion et qu’elle avait contacté les autorités sanitaires lorsqu’elle avait ressenti des symptômes de la maladie avant d’être déclarée positive mardi pour le COVID-19. D’autres tests doivent être effectués au Laboratoire national de microbiologie à Winnipeg pour confirmer un cas recensé à l’échelle provinciale. Mme Henry a indiqué que la première personne déclarée positive pour le virus dans la province se rétablit bien et s’est révélée négative lors du premier des deux tests qui indiqueraient que le virus n’est plus présent. Elle a affirmé que 715 tests ont été effectués sur 500 personnes revenant de Chine par mesure de précaution.

Par ailleurs, des travailleurs de la santé canadiens ont été envoyés au Japon pour venir en aide aux autorités locales après que 12 Canadiens ont été infectés par le COVID-19 sur un bateau de croisière, a annoncé le ministre des Affaires étrangères, Francois-Philippe Champagne. Le Ministre a précisé que trois représentants de Santé Canada et deux membres du corps médical des Forces armées canadiennes se trouvent à Yokohama, où le navire de croisière Diamond Princess est amarré et mis en quarantaine depuis la semaine dernière.

Avec La Presse canadienne