La mystérieuse pneumonie fait un deuxième mort

<p>L’enquête des autorités chinoises a permis de déterminer que plusieurs patients travaillaient sur un marché de la ville spécialisé dans la vente en gros de fruits de mer et de poissons.</p>
Photo: Noel Celis Agence France-Presse

L’enquête des autorités chinoises a permis de déterminer que plusieurs patients travaillaient sur un marché de la ville spécialisé dans la vente en gros de fruits de mer et de poissons.

La mystérieuse pneumonie apparue en Chine suscite des inquiétudes croissantes : une deuxième personne est décédée, des dizaines de patients restent contaminés et la Thaïlande vient d’annoncer vendredi un deuxième cas. Un Chinois de 69 ans est décédé mercredi à Wuhan (Centre), ville de 11 millions d’habitants où la totalité des cas chinois ont été recensés depuis le mois dernier, a indiqué la Commission municipale de l’hygiène et de la santé tard jeudi. Les autorités sanitaires locales se sont voulues rassurantes cette semaine : selon elles, le risque d’une transmission du virus entre humains, s’il n’est « pas exclu », est jugé « faible ».

L’épidémie alimente les craintes d’une réapparition d’un virus de type SRAS (Syndrome respiratoire aigu sévère), hautement contagieux, qui avait tué quelque 650 personnes en Chine continentale et à Hong Kong en 2002-2003.

Un Chinois de 61 ans était déjà décédé la semaine dernière. Selon le dernier bilan, au moins 41 malades au total ont été recensés à Wuhan. Parmi eux, 12 ont pu sortir de l’hôpital et 5 sont toujours dans un état grave. L’enquête des autorités chinoises a permis de déterminer que plusieurs patients travaillaient sur un marché de la ville spécialisé dans la vente en gros de fruits de mer et de poissons.La municipalité a pris plusieurs mesures, ordonnant en particulier la fermeture du marché concerné, où des opérations de désinfection et des analyses ont été effectuées.

La souche incriminée est un nouveau type de coronavirus, une famille comptant un grand nombre de virus. Ils peuvent provoquer des maladies bénignes chez l’homme (comme un rhume), mais aussi d’autres plus graves comme le SRAS. Les autorités chinoises ont toutefois écarté une réapparition de ce dernier virus. Selon la Commission de la santé de Wuhan, la majorité des patients sont des hommes, la plupart d’un certain âge.

D’autres cas de cette mystérieuse pneumonie ont été détectés à l’étranger : deux en Thaïlande et un au Japon. Les autorités de ces deux pays affirment que les patients s’étaient rendus à Wuhan avant leur hospitalisation. Le ministère thaïlandais de la Santé a rapporté le deuxième cas vendredi. Il s’agit d’une voyageuse chinoise de 74 ans, hospitalisée après son arrivée le 13 janvier à l’aéroport de Bangkok. « Les gens ne doivent pas paniquer, car il n’y a aucune propagation de la maladie en Thaïlande », ont assuré les autorités sanitaires du pays.Une autre patiente chinoise, dont la fièvre suspecte avait été détectée le 8 janvier à son arrivée à Bangkok, se remet dans un hôpital de la ville.

La Thaïlande a renforcé les contrôles dans ses aéroports à l’approche des festivités du Nouvel An lunaire (25 janvier), une période sensible qui suscite des inquiétudes quant à une éventuelle propagation du virus.

À cette occasion, des centaines de millions de Chinois empruntent bus, trains et avions pour aller passer les fêtes en famille. Beaucoup vont également en vacances en Asie du Sud-Est. La Chine n’a pas annoncé de restrictions aux déplacements dans le pays. Mais les autorités de Hong Kong (Sud) ont renforcé leurs mesures de détection aux frontières du territoire autonome, notamment avec des détecteurs de température corporelle.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a indiqué jeudi qu’il restait « encore beaucoup à découvrir sur le nouveau coronavirus ». « Nous n’en savons pas assez pour tirer des conclusions définitives sur son mode de transmission », a-t-elle souligné.

Aux États-Unis, trois grands aéroports, à New York (JFK), Los Angeles (LAX) et San Francisco (SFO) vont procéder au dépistage d’un virus proche du SRAS chez les passagers de vols en provenance de la ville chinoise de Wuhan, où il a été détecté. La mesure, annoncée vendredi par les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC), prend effet immédiatement.