Au Bangladesh, l’ex-président de la Cour suprême accusé de corruption

La commission anticorruption du pays a lancé en juillet 2019 des poursuites à l’encontre de M. Sinha et de dix autres personnes pour corruption, blanchiment d’argent et abus de pouvoir.
Photo: Archives Agence France-Presse La commission anticorruption du pays a lancé en juillet 2019 des poursuites à l’encontre de M. Sinha et de dix autres personnes pour corruption, blanchiment d’argent et abus de pouvoir.

Un tribunal du Bangladesh a ordonné dimanche d’arrêter l’ancien président de la Cour suprême accusé de corruption, Surendra Kumar Sinha, qui a quitté le pays fin 2017, ainsi que dix autres personnes, a annoncé un procureur.

« Ils ont tous fui la justice », a déclaré à l’AFP le procureur Khurshid Alam Khan.

La commission anticorruption du pays a lancé en juillet 2019 des poursuites à l’encontre de M. Sinha et de dix autres personnes pour corruption, blanchiment d’argent et abus de pouvoir.

Ils sont soupçonnés d’avoir mis en place un système de détournement d’argent au bénéfice personnel de M. Sinha, à hauteur de 475 000 dollars.

Décision historique

Le mandat de M. Sinha à la tête de la plus haute juridiction du pays avait été marqué par une décision historique réaffirmant l’indépendance de la justice vis-à-vis du gouvernement.

Ce jugement avait cassé une loi introduite en 2014 par la première ministre actuelle, Shaikh Hasina, donnant pouvoir au parlement de limoger les juges de la Cour suprême.

Quelques mois plus tard, M. Sinha avait quitté son poste — poussé à la démission, selon lui — et avait fui le pays fin 2017.

Son départ avait été précédé en octobre 2017 par un communiqué inhabituel de la Cour suprême selon lequel d’autres juges l’accusaient de corruption et refusaient de siéger avec lui.

Controverse

Le départ de M. Sinha, un hindou, avait été interprété par des groupes d’opposition comme un coup porté à l’indépendance du système judiciaire dans ce pays majoritairement musulman de 168 millions d’habitants, officiellement laïque.

M. Sinha, âgé de 68 ans, vit actuellement en Amérique du Nord.

Il a été le premier hindou à devenir président de la Cour suprême depuis que le Bangladesh a pris son indépendance du Pakistan en 1971 au terme d’un terrible conflit.

Dans un livre publié depuis l’étranger après son départ, M. Sinha a affirmé avoir été forcé de démissionner et de fuir le pays après avoir été alerté de menaces visant ses proches.