Pékin propose d’alléger les sanctions contre Pyongyang

Le leader nord-coréen Kim Jong-un
Photo: KCNA via Agence France-Presse Le leader nord-coréen Kim Jong-un

Le projet de résolution sino-russe pour un allégement des sanctions internationales imposées à la Corée du Nord « arrive à point nommé » et va « dans la bonne direction », a affirmé vendredi l’ambassadeur chinois à l’ONU, Zhang Jun.

Alors que deux sessions de consultations du Conseil de sécurité sur ce texte sont restées infructueuses et que Pyongyang a annoncé la fin du moratoire sur ses essais nucléaires, le diplomate espérait que d’autres discussions allaient permettre « d’avoir davantage de consensus ».

« Sur cette base, nous pouvons réellement contribuer à un dialogue politique entre les parties, notamment entre les États-Unis et la Corée du Nord », a-t-il fait valoir devant des journalistes.

Interrogé sur une date possible pour une mise au vote du texte sino-russe, le diplomate chinois n’a pas répondu précisément.

Au cours des derniers mois, les Européens ont souvent insisté pour ne pas alléger les sanctions contre la Corée du Nord sans progrès concrets et vérifiables de ce pays vers un désarmement. Les discussions entre Pyongyang et Washington sont dans l’impasse, les États-Unis refusant aussi tout allégement de sanctions tant que la Corée du Nord n’abandonnera pas ses armes nucléaires.

En janvier, le Conseil de sécurité est présidé par le Vietnam, l’un des cinq nouveaux membres non permanents de l’instance entrés en fonction le 1er janvier et pour deux ans. Les quatre autres nouveaux membres sont la Tunisie, le Niger, l’Estonie et Saint-Vincent-et-les-Grenadines.

Renvoi des travailleurs

Le projet de résolution de la Chine et de la Russie prévoit l’arrêt de plusieurs dispositions prises en 2017, notamment les interdictions d’acheter du textile et des produits de pêche nord-coréens.

Les deux pays réclament aussi la fin de la mesure prise en 2017 qui imposait à tous les États de l’ONU de renvoyer avant le 22 décembre 2019 les travailleurs nord-coréens travaillant à l’étranger, source d’importants revenus pour Pyongyang.

Interrogé pour savoir si la Chine, gros employeur de travailleurs nord-coréens, s’était conformée à cette mesure, l’ambassadeur chinois a assuré que l’application des sanctions était prise au « sérieux » par son pays.

« Mais dans le même temps […], les sanctions ont des conséquences négatives sur la vie de gens ordinaires » et « nous pensons que nous devrions ajuster les sanctions pour atténuer la souffrance de gens innocents », a précisé Zhang Jun.