Troisième jour d’affrontements dans des centres commerciaux de Hong Kong

Les contestataires se sont rassemblés jeudi après-midi dans différents centres commerciaux de la mégapole et ont scandé des slogans hostiles au gouvernement et à la police.
Photo: Philip Fong Agence France-Presse Les contestataires se sont rassemblés jeudi après-midi dans différents centres commerciaux de la mégapole et ont scandé des slogans hostiles au gouvernement et à la police.

Hong Kong a connu jeudi, pour le troisième jour consécutif, des affrontements entre la police et les manifestants prodémocratie dans des centres commerciaux particulièrement fréquentés en cette période des Fêtes.

Les contestataires se sont rassemblés jeudi après-midi dans différents centres commerciaux de la mégapole et ont scandé des slogans hostiles au gouvernement et à la police.

Dans un centre commercial du quartier de Tai Po, dans le nord-est de la ville, la police antiémeute a fait usage de gaz poivre et de teinture bleue — destinée à signaler les suspects — à l’encontre de dizaines de manifestants vêtus de noir, a constaté une journaliste de l’AFP.

Les forces de l’ordre ont en outre procédé à de nombreuses arrestations.

Dans un communiqué jeudi, le gouvernement a condamné les violences et les destructions.

« Cette violence sans précédent, cette destruction organisée sont devenues la norme », selon le communiqué.

À Hong Kong, théâtre depuis juin de la crise la plus grave traversée par l’ex-colonie britannique depuis sa rétrocession à Pékin en 1997, les manifestations avaient baissé d’intensité ces dernières semaines.

Mais des appels ont été lancés sur internet à des actions coup-de-poing pendant la période de Noël et du Nouvel An, ciblant en particulier les quartiers où se concentrent les boutiques et les grands magasins.

Pour le mouvement prodémocratie, prendre pour cible les multiples centres commerciaux est une manière de perturber l’économie et de faire ainsi pression sur Pékin et le pouvoir exécutif local qui leur refusent toute concession.

La veille de Noël, de violents heurts ont mis aux prises pendant plusieurs heures des centaines de militants vêtus de noir aux forces de l’ordre dans un centre commercial de Tsim Sha Tsui, un des quartiers commerçants les plus animés de la ville.

Mercredi, des affrontements ont également éclaté dans des centres commerciaux du quartier de Mong Kong, également très prisé des accros du magasinage.

La cheffe de l’exécutif hongkongais, Carrie Lam, a accusé « les émeutiers irresponsables et égoïstes » d’avoir gâché les festivités de Noël.

À Hong Kong, où vit une importante communauté chrétienne, Noël est une fête importante et, traditionnellement, les bars et autres commerces sont très animés à cette occasion.

Le mouvement de constatation est né d’un projet de loi qui visait à autoriser les extraditions vers la Chine continentale. L’exécutif local fidèle à Pékin a renoncé à ce projet, mais les manifestants ont élargi leurs revendications pour obtenir des élections libres et, de façon générale, plus de démocratie face à une mainmise grandissante de Pékin.

Le mouvement a eu un impact sur le tourisme et l’économie de la place financière, entrée en récession au troisième trimestre pour la première fois en 10 ans, le PIB s’inscrivant en recul de 3,2 %.