La Chine diffuse des «aveux» vidéo d’un ex-employé du consulat britannique

L'ancien employé du consulat de Grande-Bretagne à Hong Kong, Simon Cheng, avait disparu le 8 août après s’être rendu à Shenzhen, une ville frontalière de Hong Kong, territoire autonome du sud de la Chine en proie à cinq mois de manifestations.
Photo: Anthony Wallace Archives Agence France-Presse L'ancien employé du consulat de Grande-Bretagne à Hong Kong, Simon Cheng, avait disparu le 8 août après s’être rendu à Shenzhen, une ville frontalière de Hong Kong, territoire autonome du sud de la Chine en proie à cinq mois de manifestations.

La police chinoise a diffusé jeudi une vidéo dans laquelle un homme présenté comme un ancien employé du consulat de Grande-Bretagne à Hong Kong, Simon Cheng, semble avouer des contacts avec des prostituées lors de son arrestation en Chine l’été dernier.

Simon Cheng avait disparu le 8 août après s’être rendu à Shenzhen, une ville frontalière de Hong Kong, territoire autonome du sud de la Chine en proie à cinq mois de manifestations.

M. Cheng, détenteur d’un passeport hongkongais, a affirmé mercredi avoir été torturé durant sa détention en Chine.

Jeudi, la police de Shenzhen a diffusé sur son compte de réseau social Weibo une vidéo montrant ce qu’elle présente comme étant des aveux de l’ex-employé lors d’un interrogatoire.

« Nous vous avons dit que vous aviez le droit d’informer votre famille et votre avocat (de votre arrestation), pourquoi avez-vous refusé de le dire à votre famille ? », demande un homme semblant être un policier, mais qui n’apparaît pas sur la vidéo.

« Parce que c’était un incident honteux. Je suis gêné d’en parler à ma famille. C’est pour ça que j’ai choisi de ne pas les prévenir », répond Simon Cheng, sans toutefois parler explicitement de prostituées.

La vidéo montre également des images de surveillance prises dans un couloir dans lequel un homme et une femme entrent dans une pièce qui s’apparente à une salle de massage.

L’AFP n’était pas en mesure de vérifier l’authenticité de ces images.

En Chine, il n’est pas rare que des suspects se livrent à des « aveux » filmés sous la contrainte, selon des groupes de défense des droits de l’homme.

Dans un long témoignage publié mercredi sur sa page Facebook, M. Cheng a affirmé avoir été torturé pendant de longs interrogatoires, les yeux bandés, et privé de sommeil.

L’ancien employé dit avoir été interrogé sur son rôle dans les manifestations, sur celui de Londres et sur ce qu’il savait de la participation de citoyens chinois à ce mouvement.

Les manifestations dans l’ancienne colonie britannique sont quasi quotidiennes depuis cinq mois pour dénoncer l’emprise de plus en plus pesante de Pékin sur les affaires du territoire autonome.

Les médias de Pékin répètent à l’envi que les manifestations sont téléguidées par les pays occidentaux, au premier rang desquelles les États-Unis et la Grande-Bretagne.

Le ministre britannique des Affaires étrangères, Dominic Raab, a estimé que le témoignage du jeune fonctionnaire était crédible et que ce qui lui avait été infligé relevait « d’actes de torture ».