Un ex-employé du consulat britannique accuse la Chine de l’avoir torturé

<p>Simon Cheng avait disparu le 8 août après s’être rendu à Shenzhen, une ville frontalière de Hong Kong, territoire autonome du sud de la Chine en proie à cinq mois de manifestations.</p>
Photo: Anthony Wallace Archives Agence France-Presse

Simon Cheng avait disparu le 8 août après s’être rendu à Shenzhen, une ville frontalière de Hong Kong, territoire autonome du sud de la Chine en proie à cinq mois de manifestations.

Un ancien employé du consulat de Grande-Bretagne à Hong Kong, arrêté en Chine au mois d’août, a accusé mercredi la police secrète du pays de l’avoir torturé pour lui arracher des informations sur les manifestations qui secouent l’ancienne colonie britannique.

Simon Cheng avait disparu le 8 août après s’être rendu à Shenzhen, une ville frontalière de Hong Kong, territoire autonome du sud de la Chine en proie à cinq mois de manifestations.

Par la suite, le gouvernement chinois avait annoncé que l’employé consulaire faisait l’objet d’un placement en détention de 15 jours pour avoir enfreint une loi sur la sécurité publique.

Le ministre britannique des Affaires étrangères, Dominic Raab, a estimé que le témoignage du jeune fonctionnaire était crédible et que ce qui lui avait été infligé relevait « d’actes de torture ».

Interrogé par la BBC, il a indiqué avoir convoqué l’ambassadeur de Chine à Londres pour dénoncer « un comportement honteux et scandaleux de la part des autorités chinoises », en violation du droit international.

Dans un long témoignage publié sur sa page Facebook, M. Cheng, détenteur d’un passeport hongkongais, affirme avoir été torturé pendant de longs interrogatoires, les yeux bandés, et privé de sommeil.

« Je m’exprime maintenant parce que cette affaire est pertinente pour l’opinion publique », écrit-il, au moment où Hong Kong traverse sa pire crise politique depuis sa rétrocession à la Chine en 1997.

Les manifestations dans l’ancienne colonie britannique sont quasi quotidiennes depuis cinq mois pour dénoncer l’emprise de plus en plus pesante de Pékin sur les affaires du territoire autonome.

L’ancien employé dit avoir été interrogé sur son rôle dans les manifestations, sur celui de Londres et sur ce qu’il savait de la participation de citoyens chinois à ce mouvement.

Les médias de Pékin répètent à l’envi que les manifestations sont téléguidées par les pays occidentaux, au premier rang desquelles les États-Unis et la Grande-Bretagne.

L’ancien employé affirme avoir été pendu par les mains lors d’un interrogatoire.

« Le sang ne circulait plus dans mes bras. C’était extrêmement douloureux », explique-t-il.

Simon Cheng a par ailleurs assuré avoir reçu l’ordre de rester plusieurs heures dans des positions inconfortables.

Invité à réagir, le ministère chinois des Affaires étrangères a assuré que les droits de M. Cheng avaient été « garantis » par la police.