Des manifestants de Hong Kong tentent de fuir un campus encerclé par la police

Dimanche, les protestataires ont créé un mur de feu à l’entrée de l’Université polytechnique de Hong Kong pour bloquer l’avancée de la police.
Photo: Ng Han Guan Associated Press Dimanche, les protestataires ont créé un mur de feu à l’entrée de l’Université polytechnique de Hong Kong pour bloquer l’avancée de la police.

Pendant des jours, des manifestants de Hong Kong ont fortifié un campus universitaire pour empêcher les policiers d’y pénétrer. À présent, coincés par les autorités, ils tentent de sortir.

Les policiers ont repoussé une tentative des manifestants lundi matin à l’aide de gaz lacrymogène, renvoyant quelques centaines de protestataires sur le campus de l’université polytechnique de Hong Kong.

Les manifestants veulent éviter d’être arrêtés. La police a encerclé le campus pour tenter d’arrêter le plus possible de personnes.

C’est un jeu qui s’est répété pendant les mois de manifestations antigouvernementales dans la ville. Les manifestants provoquent des perturbations, puis tentent de se dissiper avant que la police essaye d’en attraper le plus grand nombre possible.

La police a encerclé la zone dimanche soir et a commencé à s’installer après avoir lancé un ultimatum aux personnes souhaitant quitter la zone. Les manifestants portaient des imperméables et des parapluies pour se protéger des canons à eau de la police.

Des policiers antiémeutes se sont infiltrés dans une entrée avant l’aube alors que des incendies faisaient rage à l’intérieur et à l’extérieur du campus, mais ils ne semblaient pas aller très loin dans l’établissement. Des explosions ont été observées alors que les manifestants réagissaient avec des bombes à essence. La police, qui a prévenu que tout le monde dans le quartier pourrait faire face à des accusations, aurait procédé à une poignée d’arrestations.

Au lever du jour, les manifestants contrôlaient la majeure partie du campus. Dans une zone extérieure, certains protestataires ont fabriqué des bombes à essence alors que d’autres qui portaient des masques à gaz se sont assoupis. Deux d’entre eux marchaient avec des arcs et des carquois de flèches, tandis que beaucoup avaient les yeux sur leurs téléphones.

Une accalmie s’est installée dans le secteur alors que le président de l’université a déclaré dans un message vidéo que la police avait accepté de suspendre leur recours à la force.

Jin-Guang Teng a déclaré que la police autoriserait les manifestants à partir et qu’il les accompagnerait au poste de police pour s’assurer que leurs dossiers seraient traités équitablement.

« J’espère que vous accepterez la proposition d’une suspension temporaire de la force et quitterez le campus de manière pacifique », a-t-il déclaré. Il semblait improbable que les manifestants acceptent l’offre étant donné qu’ils seraient probablement tous arrêtés.

Quelques centaines de personnes sont sorties du campus vers 8 h 15 dans une tentative apparente de s’échapper, mais elles ont été repoussées par des gaz lacrymogènes. Certains portants des masques à gaz ont calmement ramassé des bonbonnes de gaz lacrymogène et les ont rangées dans des sacs, mais les manifestants ont décidé de battre en retraite devant plusieurs officiers alignés sur la route au loin.

Une route bloquée

D’autres manifestants ont bloqué une grande route non loin du campus de l’université polytechnique afin de détourner l’attention de la police et d’aider ceux qui se trouvaient à l’intérieur du campus à s’échapper. Ils ont jeté des pavés sur des tronçons de la route Nathan alors que la police les poursuivait avec des gaz lacrymogènes.

La fermeture de la route a ajouté aux difficultés de déplacements pendant les trajets matinaux, avec plusieurs gares encore fermées en raison des dégâts causés par les manifestants la semaine dernière et une section d’une ligne complètement fermée près de l’université polytechnique.

Les manifestations ont débuté dans le calme au début du mois de juin, après la proposition de loi prévoyant l’extradition de suspects de droit pénal sur le continent chinois. Mais au moment du retrait du projet de loi, les manifestations s’étaient élargies pour former un mouvement de résistance contre le gouvernement du territoire et Pékin.

Les activistes voient dans le projet de loi sur l’extradition un exemple de l’érosion de l’autonomie de Hong Kong sous le régime de Pékin depuis le transfert de pouvoirs en 1997 de la Grande-Bretagne à la Chine.

Le Bureau de l’éducation a annoncé que les cours de la maternelle au secondaire seraient de nouveau suspendus lundi pour des raisons de sécurité. Les cours ont été annulés depuis jeudi, après que le bureau ait été critiqué pour ne pas l’avoir fait plus tôt.