New Delhi suffoque sous un pic de pollution

Depuis plusieurs jours, une épaisse fumée âcre enveloppe la capitale de l'Inde.
Photo: Jewel Samad Agence France-Presse Depuis plusieurs jours, une épaisse fumée âcre enveloppe la capitale de l'Inde.

Yeux irrités, gorge sèche, brouillard toxique : la capitale indienne New Delhi connaît vendredi l’un de ses pics de pollution atmosphérique extrême, un « état d’urgence sanitaire » pour les autorités.

La qualité de l’air s’est violemment dégradée cette semaine dans la mégapole de 20 millions d’habitants, poussant un organisme de lutte contre la pollution à qualifier vendredi la situation d’« état d’urgence sanitaire » qui « aura des conséquences néfastes sur tous, particulièrement nos enfants ».

Les décideurs ont ordonné en conséquence la fermeture des écoles et des chantiers jusqu’à mardi. Les pétards sont interdits pour tout l’hiver.

Depuis plusieurs jours, une épaisse fumée âcre enveloppe la capitale, en grande partie alimentée par les brûlis agricoles qui battent leur plein dans les régions voisines et déportée par les vents sur la ville, déjà l’une des plus polluées au monde.

Cette technique, illégale, permet aux agriculteurs de nettoyer leurs champs à moindre coût des résidus de la récolte du riz pour pouvoir semer la culture suivante. Les images satellites de la NASA montrent des milliers de feux actifs ces derniers jours dans l’État du Penjab, au nord-ouest de la capitale.

Chaque année au début de l’hiver, une conjonction de facteurs naturels (froid, vents faibles...) et humains (brûlis agricoles, émissions industrielles et automobiles, feux pour se réchauffer...) transforme New Delhi en « chambre à gaz », une expression fréquemment utilisée par ses dirigeants.

À 14 h locales (4 h 30 à Montréal), l’ambassade américaine à New Delhi enregistrait une concentration de particules fines PM2,5 de 421 microgrammes par mètre cube d’air. L’Organisation mondiale pour la santé (OMS) recommande de ne pas dépasser 25 en moyenne journalière.

D’un diamètre égal au trentième de celui d’un cheveu humain, les particules fines en suspension peuvent s’infiltrer dans le sang à travers les poumons. Une exposition à long terme aux PM2,5 accentue les risques de maladies cardiovasculaires et de cancer des poumons.

En prévision de la saison de pollution, New Delhi avait banni l’utilisation de générateurs diesel et va appliquer, du 4 au 15 novembre, la circulation alternée. Le gouvernement local a aussi annoncé le mois dernier qu’il allait distribuer 5 millions de masques protecteurs aux écoliers.

En 2017, la pollution de l’air a causé 1,2 million de décès prématurés en Inde, selon l’estimation d’une étude parue l’année dernière dans la revue scientifique The Lancet.