Pékin bombe le torse pour le 70e anniversaire du régime communiste

La discipline des soldats marchant au pas de l’oie devrait aussi refléter l’autorité renforcée du Parti communiste chinois (PCC) depuis l’arrivée au pouvoir de Xi Jinping en 2012.
Photo: Wang Zhao Agence France-Presse La discipline des soldats marchant au pas de l’oie devrait aussi refléter l’autorité renforcée du Parti communiste chinois (PCC) depuis l’arrivée au pouvoir de Xi Jinping en 2012.

La Chine prépare une démonstration de force, ce mardi, pour le 70e anniversaire du régime communiste avec un défilé militaire géant, qui pourrait être éclipsé par de nouvelles manifestations à Hong Kong.

Quinze mille soldats, des centaines de chars, de missiles et d’avions de combat : le défilé décennal du 1er octobre s’annonce comme l’un des plus gigantesques jamais vues à Pékin.

Objectif : afficher l’émergence d’un pays passé en 70 ans du statut d’homme malade de l’Asie à celui de deuxième puissance économique mondiale.

La discipline des soldats marchant au pas de l’oie devrait aussi refléter l’autorité renforcée du Parti communiste chinois (PCC) depuis l’arrivée au pouvoir de Xi Jinping en 2012.

Le président chinois devrait être la vedette incontestée de la journée, qu’il entamera par un discours depuis la porte Tian’anmen, l’endroit même où son lointain prédécesseur Mao Zedong proclama la République populaire le 1er octobre 1949.

Lundi, Xi Jinping et les plus hauts hiérarques du PCC se sont inclinés devant le corps embaumé de Mao, décédé en 1976, dans son mausolée de la place Tian’anmen.

Xi Jinping, 66 ans, est lui-même parfois qualifié de dirigeant chinois le plus puissant depuis Mao. Il a ainsi obtenu l’an dernier la levée dans la Constitution de la limite de deux mandats présidentiels, ce qui pourrait lui permettre de se maintenir au pouvoir à vie.

Manifestations à Hong Kong

Mais l’autorité de Pékin est battue en brèche depuis juin à Hong Kong, à l’extrême sud du pays, par un mouvement de contestation jamais vu depuis le retour de l’ex-colonie britannique à la Chine en 1997.

Des manifestations violentes ont encore opposé dimanche forces de l’ordre et manifestants prodémocratie, qui accusent Pékin d’accroître son influence sur le territoire autonome. « Nous nous attendons à ce que la situation demain soit très, très dangereuse », a averti lundi un haut responsable de la police locale.

« Les émeutiers radicaux sont en train d’élever leur niveau de violence. La profondeur et l’ampleur de leurs violences et de leurs projets montrent qu’ils se livrent de plus en plus à des actes de terrorisme », a-t-il dit.

Les manifestants hongkongais, qui ont appelé à une « journée de colère », comptent bien profiter des célébrations de mardi pour crier encore plus fort leur ressentiment à l’encontre du régime chinois, dénoncer le recul des libertés et la violation, selon eux, du principe « Un pays, deux systèmes » qui avait présidé à la rétrocession de 1997.

Le gouvernement hongkongais avait déjà annulé le feu d’artifice prévu pour le 1er octobre, par crainte d’incidents.