Répression des Ouïghours: la Chine réplique aux critiques des États-Unis

Un homme âgé d’ethnie ouïgoure s’assoit dans un restaurant de Hotan, dans le Xinjiang.
Photo: Greg Baker Archives Agence France-Presse Un homme âgé d’ethnie ouïgoure s’assoit dans un restaurant de Hotan, dans le Xinjiang.

La Chine a fustigé lundi les « mensonges » du secrétaire d’État américain Mike Pompeo qui a qualifié le traitement par Pékin de la minorité musulmane des Ouïghours de « tache » sur le plan du respect des droits de la personne dans le monde.

M. Pompeo avait en outre déclaré la semaine dernière que Washington prévoyait de mobiliser la communauté internationale sur le sort des Ouïghours à l’occasion de l’Assemblée générale de l’ONU courant septembre.

« Les mensonges des politiques américains ne pourront pas tromper le grand public. Ils ne feront que révéler encore davantage leurs desseins politiques inavoués », a réagi Hua Chunying, une porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

« Nous exprimons notre profond mécontentement et notre opposition résolue à ces responsables américains qui ignorent les faits [...] et s’ingèrent gravement dans les affaires intérieures de la Chine », a-t-elle martelé pendant un point de presse régulier.

Des centres de formation, plaide Pékin

Des experts et des organisations de défense des droits de la personne accusent Pékin d’avoir fait interner jusqu’à un million de musulmans, principalement d’ethnie ouïghoure, dans des camps du Xinjiang. Cette région du nord-ouest de la Chine était en proie jusqu’à un passé récent à des attentats à l’arme blanche ou à la bombe, attribués à des indépendantistes ou à des islamistes.

Les autorités chinoises démentent ce chiffre et affirment que les endroits où ces musulmans sont emmenés sont des centres de formation professionnelle, destinés à aider leurs pensionnaires à trouver un emploi et à ainsi empêcher toute radicalisation.

D’anciens détenus ont cependant assuré avoir été internés pour des motifs comme le port d’un voile ou d’une barbe trop longue.

Un homme d’affaires kazakh, disant avoir passé près de deux mois dans un camp, a affirmé à l’AFP que les pensionnaires étaient forcés de manger du porc et de chanter chaque matin des chants patriotiques.

En juillet, la Chine avait déclaré que « la plupart » des personnes internées avaient été relâchées, sans toutefois fournir de chiffres ni de preuves.

« Cela risque d’être une des pires taches dans le monde en ce siècle », avait déclaré vendredi Mike Pompeo.

« Nous voulons la liberté pour ces gens », avait-il ajouté, estimant qu’il ne s’agissait « pas d’un problème de sécurité nationale » ou d’« extrémisme islamique » pour la Chine.